(AFP)
« Il s’agit à ce stade d’une suspension du projet dans l’objectif d’optimiser les coûts et de rechercher un cofinancement par l’Union européenne« , a précisé à l’AFP Samuel Bouju, secrétaire général pour les Affaires régionales et européennes de la préfecture. Son coût global est estimé à quelque 475 millions d’euros, a-t-il rappelé.
La décision, annoncée vendredi lors d’une réunion entre les autorités suisses, allemandes et les représentants de l’aéroport, s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu, aussi bien au niveau national que local.
Le plan de financement de ce projet, prévoyant 6 km de voies ferroviaires et la création d’une halte au contact immédiat de l’aéroport, prévoyait une participation de la France à hauteur de 34,5% (Etat et collectivités locales), a précisé M. Bouju.
Porté par SNCF Réseau et EuroAirport, il doit permettre de relier directement l’aéroport par train, grâce à une déviation de la ligne existante reliant Strasbourg à Bâle à l’horizon 2035.
« Regret » de l'aéroport
L’aéroport a dit « regretter » cette décision. « L’EuroAirport s’efforce de promouvoir la décarbonation des trajets domicile-travail des passagers et des employés de l’aéroport », a-t-il indiqué lundi à l’AFP.
Cette liaison doit jouer « un rôle important dans la réalisation de nos objectifs visant à augmenter le nombre de personnes se rendant à l’aéroport en transports publics », a-t-il fait valoir. Interrogée, la SNCF a dit n’avoir pas de commentaire à faire.
Le projet a déjà connu des revers. En avril, le tribunal administratif de Strasbourg a demandé à ses promoteurs de fournir d’ici à un an de nouvelles études d’impact environnemental, jugeant les études actuelles « insuffisantes ».
Troisième aéroport de Suisse, après Zurich et Genève, et le sixième de France, l’EuroAirport a transporté 8,9 millions de passagers en 2024. Il a annoncé en mars qu’il allait investir 130 millions d’euros pour doubler son terminal passagers d’ici au début des années 2030.