C’était annoncé (lire notre article). Le chiffre d’affaires de Delfingen, dont le siège est à Anteuil (Doubs), passe de 456,7 millions d’euros à 423,7 millions d’euros, soit une baisse de 7,2 %, à l’image d’une filière automobile mondiale dans le dur ; à périmètre et taux de change constant, la baisse serait même de 8 %. Le résultat opérationnel courant suit la même tendance, chutant de 28,1 millions d’euros à 23,8 millions d’euros, soit une baisse de 15,6 %. L’équipementier automobile, entreprise familiale qui compte 4 000 collaborateurs dans 21 pays, propose des solutions de protection « des câblages en environnement très contraignant », indique le groupe dans sa présentation.
Sa marge opérationnelle – qui calcule la performance de l’entreprise en établissant le rapport entre le résultat d’exploitation et le chiffre d’affaires – s’établit à 5,6 %. Elle était de 6,2 % en 2023. L’entreprise relève toutefois que cela correspond aux objectifs : elle visait une marge opérationnelle supérieure à 5 % pour 2024. Ce taux se maintient malgré un recul de 15,6 % du résultat opérationnel.
Par rapport au CA, l’Ebitda de Delfingen s’améliore
Scruté par les analystes financiers, l’Ebitda de Delfingen s’améliore, si on l’analyse au regard du chiffre d’affaires. Cet indicateur présente les bénéfices de l’entreprise avant impôts, intérêts ou encore dotations. Il recule de 49 à 46,2 millions d’euros entre 2023 et 2024 (-15,6 %). Toutefois, sa part du chiffre d’affaires passe de 10,7 % à 10, 9 %. Cet indicateur mesure la rentabilité du cycle de production, excluant les éléments liés aux investissements, aux impôts ou aux conditions de financement. L’entreprise se réjouit aussi d’avoir diminué son besoin en fonds de roulement de 5 millions d’euros, ainsi que son endettement financier net.
Le résultat net du groupe (RNPG) est légèrement négatif, de l’ordre de 100 000 euros ; il était de + 6,9 millions d’euros en 2023. Les capitaux propres sont supérieurs en 2024 à 2023 (148,9 millions d’euros en 2024 contre 147,4 millions d’euros en 2023) et la capacité d’autofinancement est de 46,2 millions d’euros. « Porté par un second semestre solide, l’exercice 2024 se clôture sur des résultats conformes à nos objectifs, commente Gérald Streit, directeur général de Delfingen, avec une marge opérationnelle courante de 5,6%, un free cash-flow et un cash-flow net positifs, une réduction du besoin en fonds de roulement et une diminution de notre endettement financier net. »
Diversification de Delfingen
Compte tenu de cette situation marquée « par une visibilité réduite et un ralentissement des décisions d’investissements chez ses grands donneurs d’ordre », Delfingen a entamé en 2024 une nouvelle feuille de route, Impulse 2026, autour de trois axes : optimisation, rationalisation et accélération. Le plan « est destiné à permettre au Groupe de mobiliser plus efficacement ses ressources, de s’adapter aux défis de ses marchés et d’en saisir toutes les opportunités ». L’entreprise veut se situer au cœur des enjeux de l’automobile et de l’industrie, indique-t-elle : électrification, connectivité, sécurité et exigences environnementales.
Pour répondre à ce défi, l’entreprise a notamment recentré ses activités d’Europe de l’Est en Roumanie, fermant l’usine slovaque. Elle a lancé une activité textile en Chine, monté en puissance cette activité au Mexique et au Honduras et a travaillé à améliorer la performance opérationnelle de quelques sites. L’enveloppe d’investissement va réduire de 2 millions d’euros et 450 postes seront supprimés par le groupe, à l’échelle mondiale.
Du côté de la diversification, Delfingen accroit ses ressources pour l’accélérer. L’entreprise regarde les « opportunités de croissance » dans des marchés tels que la robotique, l’automatisation industrielle ou encore les équipements électriques, afin « de renforcer les synergies commerciales et opérationnelles ». « Ce plan a déjà généré́ des effets positifs en 2024 », salue Gérald Streit. Et il continuera de le dérouler en 2025.