Le dialogue se tend à General Electric sur la suppression de 42 postes

Salariés de General Electric, lors du blocage de site de Belfort, en mars 2021.
Le dialogue se tend à General Electric sur la suppression de 42 postes, dans l'entité turbines à gaz. | ©Le Trois – archives

La direction de l’entité turbines à gaz de GE Vernova a présenté le projet de réduction des coûts du groupe américain pour l’Europe, ce jeudi à Belfort. Avec la volonté d’engager un plan de rupture conventionnel collective. La situation s’est tendue.

La réunion devait être une simple formalité. Un temps d’informations des représentants du personnel. Ce jeudi 11 septembre, la direction de GE EPF, l’entité turbines à gaz, a présenté les volontés de réduction d’économie de GE Vernova, à l’échelle de l’Europe. « Ce sont 600 millions d’euros d’économie demandées par Scott Strazik », rappelle Arnaud Elslander, délégué syndical et élu au comité social et économique (CSE) du syndicat, Sud Industrie. Une information qui était dévoilée par Le Trois, ce mardi (lire ici).

Ce devait être une déclinaison locale du projet. Et la présentation du projet de la direction d’engager « très rapidement », souffle un délégué syndical, l’ouverture d’une procédure de rupture conventionnelle collective. En projet : la volonté d’obtenir 42 départs dans cinq secteurs : ressources humaines, finances, projets, technologie de l’information et qualité. Et le nombre de postes est ciblé dans chaque catégorie. En Europe, ce sont 600 postes qui sont visés, dont 123 en France.

Mais la réunion s’est tendue rapidement, témoignent plusieurs participants. Les invectives ont été nombreuses pendant 3 heures. « C’était une présentation merdique », tance Christophe Carignano, secrétaire du CSE, membre de la CFE-CGC. Certains ont eu la désagréable sensation que le document européen avait été traduit par Google traduction. Et en plus, mal traduit. « La présentation était lunaire », ajoute le représentant du personnel. Les explications ne semblaient pas du tout à la hauteur des attentes. Les représentants du personnel ne comprennent toujours pas les raisons, ni pourquoi certains secteurs sont ciblés plus que d’autres. « Ils ont passé le message qui venait du dessus », image Arnaud Eslander. « C’est nébuleux au possible », dénonce un syndicaliste, qui veut conserver l’anonymat. Arnaud Elslander d’ajouter : « On n’a pas les informations nécessaires. »

Quand les syndicalistes soulignaient le risque de surcharge de travail pour les salariés restant, on leur a concédé que les missions seraient portées ailleurs… « Derrière, il y a le transfert des activités à l’étranger », interpelle Karine François, de Sud Industrie. Aujourd’hui, même des activités réinternalisées dans GE, sont déplacées dans d’autres pays et quittent Belfort. « Dans des pays à bas coûts. » « Ça pue la raison économique et volonté de faire plus de gain », tance un syndicaliste.

« Il n’y a aucune stratégie »

« Nous considérons que c’est un projet important », glisse Christophe Carignano. Un cadre légal qui implique une procédure d’information et de consultation des représentants du personnel. Et la possibilité d’avoir recours à une expertise. Ce que refuse la direction déplore la CFE-CGC. Elle envisagerait, selon eux, la première réunion de négociations de la RCC dès mardi 16 septembre.

Pour aller au bout, la RCC – basée sur le volontariat – nécessite un accord majoritaire des représentants du personnel. C’est mal parti. Mais certains syndicalistes redoutent que cela suscitent des tensions en interne car des gens souhaitent justement partir. Ils rateraient donc une bonne opportunité. « La direction nous dit que si on ne trouvait pas d’accord majoritaire, il n’y aurait rien », indique Arnaud Elslander, sans y croire. Et en se demandant ce que cela impliquerait par la suite. Car les 600 millions d’euros d’économie seront encore demandées par la direction américaine. Des économies, sans pour autant avoir de projets, regrette Christophe Carignano : « Il n’y a aucune stratégie. » Sollicitée, la direction n’a pas donné suite à notre demande ; on renvoyait à la position présentée mardi (lire ici).

Les fonctions visées par ce projet montrent aussi « la fin des fonctions support » à Belfort. Tout comme la capacité de prise de décision. La volonté de réduire drastiquement le nombre de chefs de projet en témoigne. « Pour moi, ce qui les intéresse, c’est l’outil productif avec la capacité à le fermer quand ils veulent, redoute Arnaud Elslander. Nous ne sommes que de simples manufacturiers. » Le rayonnement de l’usine de Belfort dans la constellation General Electric est aujourd’hui qu’un lointain souvenir.

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