Un service délocalisé des finances publiques à Belfort en 2021

Belfort fait partie des 50 villes retenues par le ministère de l’Action et des comptes publics pour accueillir un service de la direction générale des finances publiques à partir de 2021.

Belfort fait partie des 50 villes retenues par le ministère de l’Action et des comptes publics pour accueillir un service de la direction générale des finances publiques à partir de 2021.

Le 17 d’octobre, le ministère de l’Action et des comptes publics a lancé un appel à candidature auprès des collectivités locales souhaitant accueillir des services de la direction régionale des finances publiques, installées en région parisienne ou dans les grandes métropoles. « C’est une des réponses à la crise de confiance envers l’État de populations éloignées des grandes agglomérations, qui tient notamment à la disparition de certains services publics. Localiser dans les territoires un service actuellement situé dans une grande métropole ne fait que des gagnants, salue le ministre Gérald Darmanin. Les communes sélectionnées accueilleront une nouvelle activité. Les agents, sur la base du volontariat, qui peinent à se loger dans les grandes métropoles et font parfois 2 heures de transport par jour pour se rendre sur leur lieu de travail pourront bénéficier d’une meilleure qualité de vie. Quant à l’administration, elle occupera des locaux moins chers que dans les grandes métropoles. » 3 000 agents sont concernés par ces nouvelles affectations.

408 collectivités, originaires de 84 départements, ont répondu à cet appel d’offre. 50 communes ont été retenues dans cette première vague. Une autre annonce sera faite au printemps. En Franche-Comté, Belfort a été sélectionné, tout comme Vesoul (Haute-Saône), Besançon (Doubs) et Lons-le-Saunier (Jura). Les « critères [de sélection] portaient à la fois sur la situation sociale et économique du territoire, son attractivité, la qualité des solutions immobilières proposées et enfin les conditions d’accueil des agents des finances publiques », indique le ministère dans son communiqué, publié ce midi. Selon Damien Meslot, ce choix témoigne de « l’attractivité de Belfort ». « Tout ce qu’on peut attirer à Belfort, on l’attire », poursuit le maire, qui n’oublie pas que le territoire subit toujours un plan social à General Electric. « La dynamique appelle la dynamique », note-t-il. Selon le premier magistrat de la Ville, la dernière fois que Belfort a accueilli un service déconcentré de l’État, c’était l’un des sept pôles de recherches d’Orange Lab, anciennement France telecom R&D. C’était en 1997, sous Jean-Pierre Chevènement. L’entité est toujours au Techn’Hom, rue de l’Industrie.

Campagne électorale

Dans son dossier de candidature, le territoire vante ses atouts : l’offre immobilière accessible ; la fiscalité ; la proximité de la gare TGV et de l’EuroAirport ; l’offre petite enfance ; le dynamisme culturel dont la locomotive sont les Eurockéennes ; l’enseignement supérieur ; ou encore la filière hydrogène qui se développe. Le projet, résumé sous le slogan « Belfort au cœur et à cœur », avec le drapeau européen inscrit dans le premier « cœur », formulait deux sites d’implantation : à la JonXion et au Techn’Hom. Le service devrait toutefois s’installer dans la Cité du Lion, au Techn’Hom où l’on dispose d’une offre immobilière. Les détails ne sont aujourd’hui pas encore connus. « La nature exacte des services concernés de la DGFIP, leur dimensionnement, ainsi que le calendrier détaillé des opérations seront précisés dans un second temps en fonction de l’avancée des concertations avec les représentants du personnel », prévient le communiqué de presse. Damien Meslot évoque « plusieurs dizaines d’agents ».

À quelques semaines des élections municipales, cette annonce n’est pas neutre. Damien Meslot a poussé son avantage, en glissant que le ministre l’avait prévenu directement, ce mercredi matin, même si Gérald Darmanin n’est plus membre du parti Les Républicains. Christophe Grudler, député européen, proche de la majorité gouvernementale, a aussi rapidement envoyé un communiqué de presse. Pour ne pas se laisser distancer… Lui aussi revendique un contact direct ! « C’est un excellent signal de l’État. Le gouvernement inverse la tendance, initiée par les précédents gouvernements, de fermeture des services publics dans les villes moyennes, en y relocalisant de l’emploi public », écrit-il. Le sénateur Cédric Perrin a aussi adressé un communiqué. Mais pour appuyer le discours de Damien Meslot. « Après les récentes annonces d’implantation de deux plateformes logistiques, c’est encore une très bonne nouvelle pour notre département, fruit d’un travail mené́ par Damien Meslot qui, une fois de plus, a su mettre en avant l’attractivité́ du Territoire de Belfort », déclare-t-il. On n’est jamais trop prudent.

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