Parti de rien, Stéphane Marazzi rebâtit le club de volley belfortain et accueille les médaillés d’or des JO

Stéphane Marazzi a 49 ans. D’une humilité exemplaire, il a mis un pied à l’étrier dans un domaine qu’il ne connaissait pas, pour son fils : le volley. De 50 licenciés en 2019, il réussit à faire regonfler le club pour atteindre les 150. Il fait venir l’équipe féminine française pour la première fois en 2017…. Et accueille cette année l’équipe gagnante des JO.

Stéphane Marazzi a 49 ans. D’une humilité exemplaire, il a mis un pied à l’étrier dans un domaine qu’il ne connaissait pas, pour son fils : le volley. De 50 licenciés en 2019, il réussit à faire regonfler le club pour atteindre les 150. Il fait venir l’équipe de France féminine pour la première fois en 2017 et accueille cette année l’équipe de France masculine de Volley, fraîchement médaillée d’or aux Jeux olympiques de Tokyo.

Les joueurs sont en plein échauffement, ce jeudi 19 août, gymnase du Phare, à Belfort. Musculation, étirements, footing sont au programme. Ceux qui ne sont pas partis aux Jeux olympiques s’entraînent déjà. Oui, l’équipe de France masculine de Volley est là et elle attend le retour des collègues à Belfort, médaillés d’or aux JO de Tokyo, à la suite d’une campagne riche en émotions.  C’est une première.

Stéphane Marazzi accueille depuis quatre ans l’équipe de France féminine. Cette année, c’est l’équipe de France masculine qui est conviée à s’entraîner à Belfort à la fin de l’été, pour préparer l’EuroVolley. Coup de chance, l’équipe est entre temps devenu championne olympique.

Belfort : ville étape entre les JO et les championnats d’Europe

Stéphane Marrazi, président et trésorier du club de volley belfortain ne s’attendait pas à faire remonter le club en si peu de temps. Il y a 4 ans, le club ne comptait plus que 50 licenciés. En 2021, il accueille 150 licenciés et reçoit les équipes françaises féminines et masculines à quatre mois d’intervalle. « Des opportunités en or », selon Stéphane Marrazi.

Depuis 4 ans, l’équipe féminine de volley est reçue à Belfort. « Un travail en partenariat avec la Ville, qui finance en grande partie leur venue. La ville permet aux joueuses d’être hébergée dans de beaux hôtels, elles avaient l’habitude des auberges de jeunesses : ça les a bien changés », raconte le président. « À Belfort, elles ont joué devant 1 500 personnes, à guichets fermés trois soirs de suite. Ça les a motivé à revenir », explique-t-il

Ces venues annuelles ont permis à Belfort de se faire un nom dans le milieu du volley et de légitimer la proposition de la ville : accueillir l’équipe de France masculine de volley. « On savait que s’ils venaient, ce serait après les Jeux olympiques et avant le championnat d’Europe. On est devenu une ville étape entre deux événements majeurs quand ils ont accepté la proposition », apprécie le président. L’accueil proposé par la Ville a convaincu la fédération.

« En 2017, il n’y avait même plus de bureau »

« Je n’ai pas grand-chose à voir avec le volley. Je suis chef d’entreprise dans le bâtiment travaux publics », confie Stéphane Marazzi. Son fils cadet joue au volley depuis l’âge de 7 ans. Mais le club battait de l’aile, alors il a décidé de le reprendre en main : « Le club était descendu sous les 50 licenciés. Mon fils cadet s’était pris d’affections pour ce sport. Mais malheureusement, il n’y avait même plus de bureau. C’était en 2017 », raconte-t-il. Avec une petite équipe de bénévoles, il reprend le club et double le nombre de licenciés en moins d’un an. « On a créé de l’engouement auprès de nos partenaires et surtout auprès de la Ville de Belfort, qui nous a beaucoup aidée. C’est elle qui a contacté la fédération française de volley », explique le président du club.

Ce qui lui a permis de redémarrer, c’est aussi la venue de l’équipe de France féminine, chaque année depuis 2018. « Ça a commencé à faire parler de Belfort dans le monde du volle, et puis ça a aidé à développer la pratique : on a grossi le nombre de pratiquants, analyse Stéphane Marrazzi, avant de se remémorer : La première année, on a eu cinq semaines pour tout organiser. C’était un coup de chance qu’elles viennent : elles devaient d’abord aller à Ensisheim, puis à Montbéliard, qui a considéré que cinq semaines c’était trop court pour organiser leur venue. Nous, on a foncé quand on nous l’a proposé. C’était une occasion de se faire une notoriété. »

Des ambitions semi-professionnelles

« Notre premier salarié, on l’a recruté en 2019. C’était un entraineur. On a reconstitué une équipe de joueuses impliquées, avec de l’expérience. De 17 à 40 ans, toutes nos joueuses ont une place importante. Avec le niveau qu’on a, on espère atteindre le semi professionnel d’ici quelques années », ambitionne le jeune président, plein d’idées. En quatre an, le budget annuel est passé de 5 000 à 200 000 euros. Alors qu’il n’y avait plus d’équipe en 2017, on compte aujourd’hui 12 joueuses, dont deux nouvelles recrues : une jeune Hispano-uruguyaine, Méline Gimenez, et une Bulgare, Georgiova Daria, 21 ans.

Malgré cette évolution rapide, Stéphane Marazzi reste humble quant aux ambitions du club. « On ne veut pas aller jusqu’au niveau professionnel. Ça supposerait un autre staff, une autre organisation. Tout ce qu’on veut, c’est atteindre un niveau intéressant pour rémunérer nos joueuses : le niveau élite (semi-professionnel, NDLR) », détaille-t-il.

Si Stéphane Marazzi évoque à plusieurs reprises son manque d’expérience, il en a aussi fait sa force. « Comme je n’y connaissais rien en 2017, je ne me suis pas engagé dans une formule qui m’aurait paru être la meilleure. Je me suis entouré de plusieurs personnes. J’ai posé des questions néophytes, des questions de Béotiens. Grâce à ça, j’ai exploité la quintessence du savoir de chacun. Par rapport à mon fonctionnement, c’était une force d’être non-sachant », estime le président. Rendez-vous le 25, 27 et 29 août pour découvrir les matchs France-Ukraine. Car en plus, le club a dégotté une troisième affiche entre les deux nations.

Un nouvel entraîneur

Bernard Tillie, entraîneur de l’équipe de France masculine championne olympique, tire sa révérence  et laisse la place à un nouvel entraîneur brésilien, Bernardo Rezendo, dit Bernardinho. Le quotidien L’Équipe le considère comme « le plus grand entraîneur de l’histoire du volley-ball ». L’étape belfortaine sera l’occasion de le présenter avant son premier grand rendez-vous au championnat d’Europe, prévu à la rentrée, du 2 au 19 septembre.

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