Stellantis fonce dans l’autopartage et avale Share Now 

Avec l’acquisition de la société d’autopartage allemande Share Now, le groupe automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën…) et sa filiale Free2Move s’implantent dans 14 nouvelles villes en Europe et confirment leur ambition de devenir l’un des leaders des nouvelles mobilités.

(AFP)

Avec l’acquisition de la société d’autopartage allemande Share Now, le groupe automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Citroën…) et sa filiale Free2Move s’implantent dans 14 nouvelles villes en Europe et confirment leur ambition de devenir l’un des leaders des nouvelles mobilités.

 La recette de la rentabilité est difficile à trouver dans l’autopartage, comme le montre l’histoire méandreuse de Share Now: le service avait été lancé par BMW et Mercedes-Benz, qui avaient fusionné les offres Car2Go et DriveNow. Mais au fil des années, le service avait réduit la voilure, quittant même complètement l’Amérique du Nord — où les constructeurs américains eux-mêmes tentent de trouver la formule gagnante, mélangeant autopartage et locations de voitures. En Europe dernièrement, le géant Volkswagen a racheté le loueur Europcar pour le transformer en « grande plateforme de mobilité » qui offrira également de l’autopartage et de la gestion de flottes d’entreprises, l’autopartage seul n’étant pas jugé capable de générer des bénéfices. Free2Move et son application se veulent un portail unique pour offrir l’accès à une voiture pour une durée allant de quelques minutes à plusieurs mois. Elle dispose de 450.000 véhicules pour la location mais aussi de 500.000 places de parking et de 250.000 bornes de recharge électrique. Le rachat annoncé mardi va lui permettre de quintupler sa flotte d’autopartage, en ajoutant les 10.000 véhicules de Share Now à ses 2.500 implantés dans sept villes en Europe et aux Etats-Unis. Share Now lui rapportera 3,4 millions de clients.

Objectif 15 millions d'utilisateurs

« Nous voulons nous implanter dans les grandes villes et Share Now est une étape clef pour l’accélération de notre modèle », a indiqué lors d’une conférence de presse Brigitte Courtehoux, directrice générale de Free2Move. L’entreprise va ainsi s’étendre principalement en Allemagne (Berlin, Francfort, Hambourg) mais aussi en Italie (Milan, Turin) ou à Copenhague et Budapest. Pour l’expert automobile allemand Ferdinand Dudenhöffer, ce rachat est une affaire en or pour Stellantis et son patron, Carlos Tavares. Share Now et son service d’autopartage n’ont jamais fonctionné pour BMW et Mercedes mais « pour Stellantis, avec son large portefeuille de marques, ce devrait être un point d’entrée extrêmement bon marché », a-t-il assuré. Free2Move, rentable depuis le deuxième semestre 2020, une rareté dans le secteur, n’a pas dévoilé le prix de l’opération, a priori peu élevé selon plusieurs analystes. « Nous nous rapprochons de notre objectif d’atteindre 15 millions d’utilisateurs actifs dans le monde d’ici 2030 », s’est réjouie Brigitte Courtehoux. Free2Move a fait savoir que son objectif était d’atteindre un chiffre d’affaires de 2,8 milliards d’euros d’ici 2030 avec une première étape à 700 millions d’euros en 2025.

Marché chinois

« Aucun constructeur n’est parvenu à faire fonctionner correctement un service d’autopartage mais si quelqu’un peut y arriver, c’est bien Carlos Tavares », avance Matthias Schmidt, un analyste automobile basé à Berlin. Stellantis va progressivement remplacer la flotte de Share Now avec des véhicules de sa marque, moins marqués dans le segment haut de gamme, qui apparait peu adapté pour un service d’autopartage.

Avec ce rachat, Stellantis va maintenant affronter d’autres géants comme Volkswagen, GM, Ford ou Toyota dans le secteur de la mobilité. « Une entrée sur le marché chinois serait vraiment excitante car c’est là que Stellantis a le plus de retard à rattraper », a souligné M. Dudenhöffer. Côté allemand, cette cession va permettre à Mercedes et BMW de recentrer les activités opérées par plusieurs sociétés communes de mobilité lancées début 2019. « Cela renforce notre conviction que les constructeurs haut de gamme vont plutôt se focaliser sur les voitures individuelles et moins sur les services d’autopartage et de covoiturage », selon les analystes de la banque RBC.

A l’avenir, les deux constructeurs vont privilégier deux applications: l’une pour trouver la prochaine borne de recharge pour voitures électriques en Europe (Charge Now), l’autre pour choisir dans plus de 150 villes son mode de déplacement entre e-scooters, vélos électriques, voitures en autopartage, taxis et véhicules avec chauffeur (Free Now). Avec la chute des ventes de voitures dans le monde et en particulier en Europe, « il est nécessaire pour les fabricants automobiles de trouver des sources de revenus alternatifs », insistent les analystes de RBC.

Ceci vous intéressera aussi
Le Gouvernement veut proposer une voiture électrique à 100 euros par mois

Une voiture électrique à 100 euros par mois pour les Français les plus modestes : cette mesure promise par le gouvernement Lire l'article

La renationalisation d’EDF n’est « pas exclue », selon Agnès Pannier-Runacher
La renationalisation d'EDF est une piste envisagée par l'exécutif.

Une renationalisation d'EDF pour lui permettre de construire de nouveaux réacteurs nucléaires n'est pas encore décidée, mais elle "n'est pas Lire l'article

TotalEnergies, EDF et Engie appellent les Français à consommer moins d’énergie

Les dirigeants des trois énergéticiens français TotalEnergies, EDF et Engie appellent ensemble dimanche les Français à réduire "immédiatement" leur consommation Lire l'article

Les ventes européennes de voitures en chute de 14% au premier semestre

Les ventes d'automobiles ont chuté de 14% dans l'Union européenne au premier semestre 2022 comparé à la même période de Lire l'article

Défilement vers le haut