Belfort: ce qu’il faut retenir des élections partielles après annulation

À quelques jours du premier tour de l’élection législative partielle dans la première circonscription du Territoire de Belfort, retour sur les dernières élections législatives annulées par le Conseil constitutionnel et rejouées quelques mois après.

Sept élections rejouées en 2012

En 2012, sept élections législatives ont été annulées par le Conseil constitutionnel. Dans la première circonscription du Val-de-Marne, l’autorité électorale avait annulé l’élection d’Henri Plagnol. En cause: son suppléant était également le suppléant d’un sénateur, ce qui est interdit par le droit électoral. Même cause, même sanction pour Patrick Devedjan dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine. Jean-François Mancel s’est, lui, vu retirer son siège de député de la 2e circonscription de l’Oise pour une affaire similaire à celle qui agite actuellement la politique du Territoire de Belfort. Il avait en effet distribué des tracts de son propre parti, à quelques heures du scrutin, sans possibilité de réponse pour son adversaire. Le faible écart de voix avait là aussi joué en faveur du plaignant.

Les 1re et 8e circonscriptions des Français de l’étranger ont, elles, été marquées par des manquements aux lois sur le financement de campagne. Les comptes de Corinne Narassiguin et Daphna Poznanski-Benhamou ayant été rejetés par l’autorité de contrôle des financements politiques. Ces élections ont été annulées et ces deux candidates ont écopé d’une peine d’un an d’inéligibilité. Dans la circonscription de Wallis et Futuna, territoire d’outre-mer au cœur du pacifique, David Vergé s’est également fait prendre pour ses comptes de campagne et a subi le même sort.

Enfin, le scrutin qui avait élu Dolorès Roque dans la 6e circonscription de l’Hérault présentait des irrégularités sur une vingtaine de voix. Au vu de l’écart de 10 voix, l’élection a également été annulée.

Un taux de participation (toujours) en berne

Si les citoyens sont appelés à nouveau aux urnes lors des élections partielles, ils se montrent moins intéressés que lors de la grande messe des législatives. En note en effet une forte baisse de participation entre les élections classiques et les partielles, spécialement dans les circonscriptions de métropole.

En 2012, la participation est passée de 59 à 33 % dans la deuxième circonscription de l’Oise. Cette élection était programmée en mars, neuf mois après le premier scrutin. Les autres élections métropolitaines se sont déroulées quelques mois plus tôt, en décembre; la participation y a été similaire. Ainsi, dans la première circonscription du Val-de-Marne, la part de citoyens qui s’est déplacée pour aller voter est passée de 59 à 29 % et de 64 à 36 % dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine (13e). Seule l’élection dans l’Hérault (6e) dépasse les 40 % de participation lors des partielles, contre 61 % lors du premier scrutin.

Les circonscriptions des Français de l’étranger font rarement d’excellents scores aux élections législatives… et les partielles ne font pas exception! Ainsi, dans la 1re, l’abstention est passée de 80 à 87 % et dans la 8e de 87 à 91 %. Des baisses de participation sensibles, mais à mettre en perspective. C’est au plus petit territoire d’outre-mer, Wallis et Futuna, que revient la palme de la participation lors d’une élection partielle en 2012, avec seulement 75 % de participation… pour trois candidats.

Deux réélections sur sept… mais trois inéligibilités

Les candidats, le temps est venu d’en parler! Premier réconfort pour Ian Boucard: le député qui avait distribué des tracts hors délai en 2012, à savoir Jean-François Mancel, avait été réélu. Patrick Devedjan, dans les Hauts-de-Seine, a lui aussi été conforté dans sa position, augmentant au passage son score de 10 points (passage de 50 à 60 % des suffrages exprimés). Sur ces sept élections partielles de 2012, organisées à la suite de l’annulation du Conseil constitutionnel, ils sont les seuls dont le premier choix des électeurs a été confirmé. Rappelons toutefois que sur sept élections annulées, trois candidats ont été déclarés inéligibles. Quatre candidats, dans un premier temps élus, ont donc pu de nouveau participer. Ce qui donne, au regard des précédents de 2012, 50 % de chances à Ian Boucard de retourner siéger au palais Bourbon.

Mais pourquoi les 50 % restant n’ont-ils pas réussi à transformer deux fois l’essai ? Dolorès Roque (PS), élue avec très peu d’avance dans l’Hérault lors du premier scrutin, avait alors tiré profit d’une triangulaire avec la droite et l’extrême droite. Avec la plus faible participation, le candidat Front national n’avait pas pu accéder au second tour lors des élections partielles, annulant la triangulaire, ce qui avait conforté le candidat Les républicains, Élie Aboud. Ce dernier l’avait finalement emporté avec 62 % des suffrages exprimés au second tour.

Enfin, dans le Val-de-Marne, le candidat UDI Henri Plagnol, soutenu par l’UMP à l’époque, s’était fait doubler dans la dernière ligne droite par un dissident UMP, Sylvain Berrios. Ce dernier n’avait pas été candidat lors des premières élections et l’avait emporté avec 56 % des suffrages exprimés au second tour.

Ce coup de rétro, ce ne sont que des chiffres et qu’une mise en perspective. 2012, une autre époque. Dimanche, c’est une nouvelle élection qui se joue, avec 10 candidats sur la ligne de départ, dont plus de la moitié (six sur dix) n’était pas présente au mois de juin.

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