Municipales : cinq infos à retenir du second tour dans le nord Franche-Comté

A Belfort, la salle des fêtes juste avant le dépuillement

 

Plus de 3 mois après le premier tour, les élections municipales ont finalement rendu leur verdict, dimanche soir. Entre l’abstention qui atteint des records, la gauche belfortaine plus éclatée que jamais ou encore les enjeux de la conquête de l’agglomération de Montbéliard, le point sur les principaux enseignements.

Plus de 3 mois après le premier tour, les élections municipales ont finalement rendu leur verdict, dimanche soir. Entre l’abstention qui atteint des records, la gauche belfortaine plus éclatée que jamais ou encore les enjeux de la conquête de l’agglomération de Montbéliard, le point sur les principaux enseignements observés dans le nord Franche-Comté

1. Une abstention record

Avec 35,6 % d’abstention, Bart fait figure d’exception dans le paysage du nord Franche-Comté. Pour les autres communes, l’abstention dépasse toujours les 50 %, pour atteindre 65,81 % à Belfort, 59,91 % à Valentigney et 57,11 % à Héricourt. À Belfort, moins de quatre électeurs sur dix se sont déplacés. Au premier comme au second tour. La crise sanitaire a eu un effet certain sur cette abstention. En décourageant un grand nombre le 15 mars. En limitant l’intérêt des autres au mois de juin avec une campagne marquée par les protocoles sanitaires. Des électeurs, habitués de voter, ne l’ont pas fait pour la première fois le 15 mars, dénonçant une « mascarade ». Le samedi 14 mars au soir on annonce la fermeture des bars. Et le dimanche 15 au matin on demande de voter. L’incompréhension a été forte. En 6 ans, l’abstention a grimpé de plus de 20 points à Belfort par exemple.

2. Une crise démocratique ?

Si la crise sanitaire joue un rôle indéniable dans cette montée de l’abstention, on ne peut pas non plus ignorer une désaffection croissante des électeurs pour les urnes. La légalité démocratique est respectée. Les maires élus représentent la majorité absolue ou la majorité relative issues des urnes, selon les résultats des premiers et second tour. Pour autant, cela pose question. À Belfort, Montbéliard, Audincourt ou encore Mandeure, le maire élu ne représente même pas un électeur sur cinq. À Audincourt, Martial Bourquin est élu en recueillant 17,29 % des votes des inscrits. Si à Belfort, Damien Meslot est par exemple passé de 47,38 % en 2014 à 56,93 % en 2020 des suffrages exprimés, ce calcul lié aux votes exprimés est en trompe-l’œil. En 2014, Damien Meslot avait recueilli 7 096 voix au second tour, contre 4 607 ce dimanche 28 juin 2020 ; entre les deux tours des élections municipales de 2020, Damien Meslot est cependant passé de 4 045 voix à 4 607 voix.

3. À Belfort, la gauche fait encore pire

On pensait que la gauche avait touché le fond en 2014. Plus divisée que jamais. En 2020, la gauche laisse apparaître des fractures encore plus fortes. Et un rapprochement – on ne va pas parler d’union ! – semble plus impossible que jamais. Pourtant, de nombreux thèmes de campagne étaient favorables aux listes de gauche. Mais c’était l’embouteillage. À tel point que les deux listes du centre avaient une figure ou une ancienne figure de gauche pour les mener. Les listes de « gauche » ne se sont pas unies. Pis, aucune des listes n’a réussi à dépasser les 20 %. Dans un communiqué de presse, Europe Écologie Les Vert du Territoire de Belfort note le vote historique de la liste conduite par Mathilde Nassar, soutenue par EELV et la France insoumise. Il salue « une nouvelle force politique ». 2020 en commun arrive en 2e position, recueillant 19,55 % des suffrages exprimés. Plus de 3 000 voix derrière Damien Meslot. « Europe Ecologie Les Verts sera à ses côtés avec les citoyens et les formations politiques comme LFI avec qui nous avons construit cette belle initiative municipale », écrit le parti politique qui a enregistré des résultats historiques dimanche soir, en gagnant notamment Besançon, Lyon, Bordeaux, Poitiers, Strasbourg, Tours et Grenoble. Mais Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, a noté pour sa part : « D’ici à 2022, pour les échéances qui arrivent, continuons de cultiver le commun, davantage que le séparatisme de chapelle. » La large défaite de ces forces est toutefois limitée. Que ce soit pour 2020 en commun ou pour Belfort en Grand, les deux listes conservent la capacité de construire un groupe politique au conseil municipal. Dans l’actuel règlement intérieur, il faut trois élus minimum pour construire un groupe. Les dotant de moyens : un local meublé, une ligne téléphonique, un accès à internet ou encore un crédit courrier.

4. Pays de Montbéliard Agglomération dans le viseur

Ce n’était qu’une question de temps. Même si personne n’en doutait… Martial Bourquin s’est déclaré candidat à la présidence de Pays de Montbéliard Agglomération, ce dimanche soir, à l’issue du second tour des élections municipales. Portant à quatre les prétendants. À droite, Charles Demouge et Marie-Noëlle Biguinet se livrent une bataille fratricide. Le jeune quadra Nicolas Pacquot, maire d’Étouvans, vient jouer les trouble-fêtes. La phrase à la mode chez les maires du pays de Montbéliard : « Je vais écouter les propositions des quatre candidats. » Aujourd’hui, on se questionne sur de potentielles alliances. Peut-être pas si logiques que ça. L’un revendique la jeunesse, un nouveau souffle, un projet collaboratif et le fait de venir des petites communes. Une autre veut replacer Montbéliard au centre de l’échiquier. Les deux derniers jouent la carte de l’expérience. Enseignement du 2nd tour des municipales : Valentigney (qui apporte 6 conseillers communautaires), Mandeure et Bart restent à droite. « Tout est ouvert », sourit l’un des quatre candidats en lice. C’est un vrai 3e tour !

5. Prime aux sortants

Le constat avait déjà été observé au premier tour, le 15 mars, avec notamment la réélection de Marie-Noëlle Biguinet à Montbéliard et le retour réussi de Martial Bourquin à Audincourt ; il avait été élu en 2014 mais il avait laissé le fauteuil de maire en 2017 pour non cumul des mandats. Dimanche soir, les électeurs ont encore reconduit le maire en place, excepté à Bart. Mais c’est la liste de l’ancien premier adjoint de Pierre Schlatter qui prend la suite de celui qui briguait un 4e mandat. Cela fut par contre très serré dans plusieurs endroits. À Bavilliers, Éric Koeberlé l’emporte de 11 voix – après avoir gagné de 9 en 2014 ! À Bart, la liste menée par Jean-Luc Guyon (le maire sera cependant Éric Lamy), devance celle de Pierre Schlatter de 35 voix.

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