Belfort : les commerçants interpellent contre le nouveau système de stationnement

Les commerçants de la rue piétonne de Belfort ont lancé une pétition afin de modifier le système de stationnement dans le centre-ville. Ils espèrent obtenir 10 000 signatures d’ici trois semaines. Une action plus globalement le désarrois des commerçants de Belfort et de Montbéliard face aux nouvelles politiques et tarification du stationnement en centre-ville.

Vous n’avez pas pu les rater depuis le début de l’année, les nouveaux horodateurs. Le nouveau système n’a pas particulièrement plu aux Belfortains ; les Montbéliardais, eux, le voient débarquer depuis quelques jours. À Belfort, ce nouveau système fait grincer les dents de plusieurs commerçants, notamment ceux de la rue piétonne. Ensemble, ils ont décidé de lancer une pétition, que l’on trouve dans de nombreuses boutiques afin de rendre gratuit les 40 premières minutes de stationnement. « On espère arriver à 10 000 signatures d’ici trois semaines, un mois », confie l’un des commerçants de la rue en montrant la pile de feuilles déjà remplies par des Belfortains.

Les commerces du centre-ville pénalisés

C’est l’un des grands enjeux des maires de villes de taille moyenne : redynamiser les centres-villes. À Montbéliard, depuis plusieurs mois, un manager de centre-ville tente de redonner un peu de vie à ce lieu qui se désertifie. À Belfort, le nouveau système de stationnement est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Les tarifs et les amendes encourues ne donnent pas envie de passer en ville. Autant aller dans les grandes zones commerciales », tancent les commerçants. Car au-delà des prix, qui sont à Belfort et à Montbéliard à plus de 1 euro l’heure, la menace de l’amende à 30 euros en cas de non-paiement ou de dépassement d’horaire « n’est pas attractive ». L’utilisation des nouveaux horodateurs, où il est nécessaire d’entrer sa plaque d’immatriculation, n’a pas non plus fait que des heureux et a provoqué plusieurs plaintes. Certainement un temps d’adaptation nécessaire à la population. Car ce sont là les seuls changements qui ont eu lieu. Le prix du stationnement est resté le même, le système de contrôle a été quelques peu optimisé, puisque désormais les agents contrôlent sans vérifier les part-brises, mais seulement en scannant les plaques d’immatriculation. Enfin, afin que l’amende concorde avec les prix de stationnement, le dernier quart d’heure a été majoré sur les zones de stationnement, pour atteindre le montant de l’amende (conformément à la loi) et afin que les usagers ne dépassent pas les limites imparties. C’est ce que regrette les commerçants de Montbéliard, dont le système vient d’être modifié : « Dans certains parkings du centre-ville, deux heures c’est 30 euros. Ça ne donne pas envie de rester en ville une après-midi ! » Il est à noter qu’à Montbéliard comme à Belfort, ces prix ne sont pratiqués que sur certaines places dans l’hyper-centre. La mairie de Belfort a déjà annoncé qu’une rencontre sera organisée la semaine prochaine avec les commerçants afin de sortir de cette situation.

À Belfort, la Ville est prête à trouver des solutions

Damien Meslot, maire de Belfort, et Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard, l’avaient annoncé en augmentant le prix des amendes. « L’État nous demande de gérer le stationnement payant sur voirie, nous devons nous adapter. » Et si cela peut sembler un véritable jackpot pour les communes, un rapport du Groupement des autorités responsables de transport révélait en 2013 – et mentionné par le Figaro – que 60 % des Français fraudent le stationnement. En ajoutant les amendes impayées, les relances, les procédures pénales… les amendes de stationnement ne sont pas si rentables qu’on pourrait le penser ! Pour les mairies, il a d’ailleurs fallu investir dans de nouveaux horodateurs, ouvrir des guichets afin de gérer les amendes et enfin de compenser la perte des amendes perçues puis reversées par l’État. En tout, ce sont près de 300 000 euros d’investissement et 150 000 euros de fonctionnement qui ont été inscrits au budget à ce sujet à Belfort. Malgré l’impression générale de taxation, difficile de croire que les mairies souhaitent encore mettre un coup bas aux commerces de proximité des centres-villes ; personne n’aime une ville morte dans son historique politique !

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