Le trollball, du sport avec une touche de fantasy !

Avant la Necronomi’Con, on est parti à la rencontre de l’Incontrôlable compagnie, à Lure. Elle s’est prise de passion pour le trollball. Un sport singulier qui plonge au cœur de batailles qui pourraient devenir légendaires. Reportage à l’entraînement, avant de les retrouver dans les allées du salon.

Gandalf, Legolas, Bilbo, Aragorn et Sam croisent en se promenant dans la terre du Milieu Conan, Xena la guerrière, un samouraï, Highlander et Hagrid… Comme à chaque rencontre, un match improvisé de sport est organisé… Foot ? Basket ? Non… On n’y est pas. Rugby ? Football américain ? Escrime… Un peu des trois à la fois. Ils viennent, qui plus est, de récupérer une tête de troll qui trainait par là. Ce sera parfait comme ballon. C’est parti pour un match de trollball ! Le terrain délimité dans une aire rectangulaire, les deux équipes de cinq joueurs s’installent de part et d’autre. La tête de troll est placée au milieu. L’arbitre siffle et les joueurs se chargent pour récupérer la tête et la placer dans un puits installé dans le camps adverse… Évidemment, toute charge mérite des cris gutturaux, sortis d’outre-tombe ou après avoir bien gratté le fond de sa gorge. Il faut marquer le plus de points au cours de deux périodes de 10 minutes. Difficulté, chaque joueur est équipé d’une épée pour attaquer ou se défendre ! Une épée en mousse… évidemment. C’est de la fiction. Quoique !

Des fans de Yo-Gi-Ho!

Lure, samedi 26 janvier. 14 h 55, l’entraînement est lancé. Un chevalier samouraï paré d’une armure européenne discute avec un prêtre en rangers, armé de cinq épées ! 15 minutes plus tard, des bruits sourds résonnent. Ce sont des épées en mousse qui s’entrechoquent. Le premier match de trollball de l’après-midi est lancé ! La séance est organisée par L’Incontrôlable compagnie, une association née il y a deux ans de l’esprit d’une bande de copains, fans du jeu de cartes Yo-Gi-Ho! En se rendant à la convention d’Épinal, en 2013, ils ont découvert le trollball et l’ont ramené à Lure. Ils ont commencé par jouer eux-mêmes, puis ont monté une association tournée autour des jeux de tout genre. Aujourd’hui, elle compte plus d’une quarantaine de membres : enfants, ado, jeunes adultes et même des adultes ! Tous se sont pris au jeu… de rôle. Avant le début de l’entraînement, chacun s’équipe de son costume. Des barbares croisent la route de prêtre fantasy, de samouraï ou de Xena.

Chacun arbore une épée en mousse. Soit de sa fabrication, soit achetée sur des sites spécialisés. Les répliques sont surprenantes et très soignées. Elles sont généralement composées, au centre, d’une tige de fibre de verre ou de PVC, et sont ensuite recouvertes de mousse et vernies pour les plus belles reproductions. « Le trollball existe depuis plusieurs décennies, explique Étienne, le président de l’association. Il est même très développé au Canada ou en Allemagne. » Cette pratique est une déclinaison du jeu de plateau et de figurines Blood bowl. Et suit le mouvement des jeux Grandeur Nature.

L'Incontrôlable compagnie, de Lure (©Collectif Insitu x 2).

Ludique

Même s’il y a de grandes tendances, chacun peut faire ses règles. « Notre version s’inspire plus de la pratique belge des règles du trollball, confie Kévin. On axe plus sur l’aspect escrime et combat que sur l’endurance. » À Lure, à chaque touche, le joueur est éliminé et doit poser le genou à terre. Il faut alors attendre qu’un point soit marqué pour retrouver la ligne d’attaque. Savoir parer les coups et attaquer pour être performant est essentiel. Justement, Chris montre les bases du positionnement et de l’attaque à des curieux venus de Saint-Loup-sur-Semouse.

Chaque équipe peut donc ajouter des règles. L’essentiel est d’être d’accord au début d’une rencontre. Il est possible d’ajouter des armes supplémentaires à certains, voire des boucliers. De mettre des handicaps à d’autres en obligeant à tenir son arme à deux mains par exemple. « On joue sur les règles pour personnaliser le jeu en fonction de ce que nous voulons mettre en avant », note Étienne. L’équipe luronne, l’une des seules dans le Grand Est avec Metz et Strasbourg, s’est formée sur le tas. « À force de se faire déglinguer en tournoi, on a appris », sourit Alexis. Aujourd’hui, ils transmettent leur passion à des curieux qui apprécient l’aspect ludique.

Ce qui peut paraître un sport de combat est en fait un sport bon enfant. Les coups doivent être retenus, il est interdit de toucher la tête ou les parties intimes ; et on ne frappe qu’avec la tranche. « On enseigne l’attitude safe, relève à cet égard le président. Il y a beaucoup de fairplay dans la pratique. » « C’est du combat sans se faire mal », résume Kévin. « Mais on se défoule bien », enchaîne Rémi. Au-delà de la pratique, on sent bien que la projection dans un personnage et un univers fantastique séduit. « L’aspect jeu de rôle est très sympa », confie l’équipe dirigeante de l’association, dont plusieurs membres se préparent pour un jeu Grandeur Nature cet été.

Quand on se retrouve, on scrute ses potes de la tête au pied pour regarder son nouveau costume, les nouveaux détails ou les nouvelles armes… « C’est de l’esthétique », acquiescent-ils tous car les costumes n’apportent rien au sport. Mais cela donne l’impression de faire du sport en plein milieu de la Comté…

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