Le Fimu ira dormir chez vous

À l’instar de nombreux musiciens de passage à Belfort pour le festival international de musique universitaire (Fimu), le groupe Wooden Shapes séjournera chez l’habitant jusqu’à la fin du festival. Rencontre avec les membres du groupe et leurs hôtes, Isabelle et Olivier, qui racontent une belle expérience de partage et de convivialité.

Paciane Rouchon

À l’instar de nombreux musiciens de passage à Belfort pour le festival international de musique universitaire (Fimu), le groupe Wooden Shapes séjournera chez l’habitant jusqu’à la fin du festival. Rencontre avec les membres du groupe et leurs hôtes, Isabelle et Olivier, qui racontent une belle expérience de partage et de convivialité.

Jeudi 2 juin. Le Fimu s’éveille. Belfort fourmille de ces artistes venus du monde entier pour animer les rues de la cité du Lion. Parmi eux, Wooden Shapes se prépare pour sa première scène internationale. Le groupe, originaire de la ville québécoise de Trois‑Rivière, joue pour la première fois hors des frontières canadiennes. Un grand jour pour ces jeunes musiciens.

Pour la plupart d’entre eux, il s’agit d’un premier séjour outre‑Atlantique. Une expérience dépaysante, pour laquelle ils ont fait le choix de s’immerger au plus proche de la culture locale en séjournant chez l’habitant. Tout juste arrivés le matin même, une belle complicité se fait déjà sentir avec leurs hébergeurs, Isabelle et Olivier.

Tous s’installent autour d’une grande table. Le soleil est au beau fixe et les visages affichent de larges sourires. « Ils viennent d’arriver et il n’y a déjà plus de bière ! » s’amuse Olivier en tirant une chaise à lui. « T’étais pas censé travailler cet après-midi ? » ricane Isabelle en retour. À moins d’une heure de leur première scène, l’ambiance est détendue. Wooden Shapes est dans son élément.

« On voyage en restant à Belfort »

C’est la troisième fois que le couple accueille des musiciens étrangers dans le cadre du festival… et ils ne tarissent pas d’enthousiasme. « Ce qui est intéressant, c’est le partage », précise Isabelle. « On voyage en restant à Belfort et c’est la fête à la maison ! confirme Olivier, avant d’ajouter : C’est vraiment l’auberge espagnole ! » Chacun semble ravi de cette rencontre.

Le groupe acquiesce à l’unisson. Eux aussi insistent sur le partage. « Ce sont à chaque fois de belles surprises, de belles découvertes, ça fait partie de la générosité du voyage », convient Julien, avec un accent québécois. Certains d’entre eux ont déjà séjourné chez l’habitant par le passé et en gardent à chaque fois un excellent souvenir.

Au détour d’une conversation, Isabelle et Olivier reviennent sur les anecdotes des derniers festivals – avant le covid-19. Ils se rappellent avec affection d’un groupe burkinabé qu’ils ont accueilli en 2019 : « Ils nous appelaient papa et maman ! Ça veut dire qu’ils devaient se sentir bien ! » lâchent‑ils entre deux éclats de rire. « Ils réclamaient toujours de la salade de pâtes pour le petit déjeuner… » Ils ont d’ailleurs gardé contact. Lorsque Freeman Tapily – le chanteur du groupe – leur rend visite, « il a toujours sa salade de pâtes », assure Olivier.

Pour seule expérience négative, le couple évoque un groupe qui a dû quitter la maison… à cause du chat ! Les membres étaient allergiques à l’animal et n’ont tout simplement pas pu rester : « On était très déçus », confient‑ils. Heureusement, cette fois, pas d’allergies à l’horizon. La bande n’en est qu’à son premier jour, mais nul doute que cette complicité est partie pour durer !

  • Vous souhaitez héberger des artistes à l’avenir ? N’hésitez à vous inscrire sur fimu.com rubrique hébergeurs.

Un sextet à cordes plutôt rock’n’roll

Wooden Shapes est un jeune groupe de musique canadien composé de six étudiants du conservatoire de Trois‑Rivières (Québec), qui se décrivent avant tout comme des « amis de lycée » : David, Étienne, François, Julien, Maggy et William, tous âgés de 20 à 25 ans. Caractéristique originale de leur formation, il s’agit d’un sextet à cordes (violons, altos, violoncelles, contrebasse). L’absence de percutions les pousse à « explorer » les limites du son pour montrer, disent‑ils, qu’il est possible de jouer sur les sonorités, au‑delà de ce qu’on pourrait attendre de ces instruments. Wooden Shapes tire son influence de la musique classique et du rock, en s’inspirant d’artistes comme Queen ou Supertramp. « On fait toujours nos propres arrangements, explique William, souvent à partir de musique de film, ou bien on compose directement. » Cette année, Wooden Shapes sera présent jusqu’à dimanche sur les planches du Fimu. Pour les découvrir, rendez‑vous ce vendredi à 21 h 15 à la salle des fêtes, samedi à 16 h 15 sur la scène République ou dimanche à 17 h 30 à l’auditorium Atria.

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