Belfort : la maison de santé des Errues est « une vraie réussite »

En trois ans, la maison de santé des Errues est passée de trois à cinq médecins généralistes. La structure diversifie ses activités et attire les jeunes médecins. Si cet exemple peut être suivi pour lutter contre les déserts médicaux, le fondateur Thierry Montes met en garde contre leur multiplication.

Comment donner envie aux jeunes médecins de venir dans les campagnes nord franc-comtoises ? « En leur donnant la possibilité d’avoir une vie à côté de leur travail, d’avoir une famille, du temps pour eux, la possibilité de prendre des vacances… » Le docteur Thierry Montes, l’un des fondateurs du projet de maison de santé aux Errues, à Menoncourt, le long de la route départementale menant à Mulhouse, a une matinée calme ce jeudi matin. C’est la journée durant laquelle il s’occupe des patients sans rendez-vous. Un roulement s’est organisé avec les quatre autres généralistes de la structure. « D’habitude, j’ai 25 rendez-vous par jour. Les journées sans rendez-vous, selon les périodes de l’année bien sûr, sont des moments plus tranquilles dans la semaine. » Libéral à Roppe pendant de nombreuses années, le médecin se souvient : « Des journées à rallonge, la paperasse… Il y a des choses auxquels j’avais renoncé ! On ne peut pas aujourd’hui considérer que les jeunes médecins sont des feignants s’ils ne sont pas prêts à donner autant de leur personne. Il faut trouver d’autres solutions, d’où cette maison de santé. »

Un projet de 8 ans, une réussite après 3 années

Dès le début, Thierry Montes a voulu impliquer sa profession. « C’est un projet par les médecins et pour les médecins. Les élus qui construisent des maisons de santé et espèrent recruter ensuite c’est, je pense, une erreur », explique-t-il. Bien sûr, pendant huit années, le projet a demandé énormément : « J’ai passé des après-midis entières sur le chantier, à des réunions avec l’agence régionale de santé, les élus… » se souvient le généraliste. Avec 3,5 médecins à temps plein au départ, le site accueille aujourd’hui cinq généralistes, un dermatologue, une infirmière, deux sages-femmes libérales, un ostéopathe et une diététicienne. Bientôt une association d’aides à domicile, qui interviendra sur le secteur, s’implantera.

Trois années après son lancement, le projet est une réussite. Les visites s’enchaînent et le parking d’une vingtaine de places ne désemplit pas. Pourtant, Thierry Montes ne voit pas dans cette réussite un modèle exportable à l’infini : « Il faut tenir compte des réalités géographiques, de la population, de l’environnement. Nous, nous sommes très bien placés sur un axe de circulation important, des bassins de vie tout autour et un besoin de médecins. Dans certaines zones, par exemple proche de Belfort, la population a l’habitude d’aller en ville pour consulter. Je ne pense donc pas que ce soit une solution unique. »

Les jeunes médecins emballés

Formateur, Thierry Montes accueille régulièrement des externes et internes dans la structure. Depuis peu, la médecine généraliste est une spécialité, ce qui permet aux étudiants d’avoir une véritable immersion dans ce type de structure. Dans le bureau d’à côté se trouve justement Thibaut Rosselot, 27 ans, externe en médecine. Toute la journée, il rencontre des patients et c’est à la fin de la journée qu’il débriefe avec son formateur. « Je suis impressionné par toutes les possibilités qu’il y a dans la médecine générale. On touche un peu à tout, il y a du contact avec les patients, un suivi. Ce discours, je le retrouve énormément chez mes camarades. Et ce genre de structure est parfaite », explique le futur médecin. « On a l’une des meilleures formations pour les médecins généralistes de France en Bourgogne-Franche-Comté, explique Thierry Montes. il suffit de les attirer ! » Et les maisons médicales peuvent être une réponse à ce problème d’attractivité et l’accroissement des déserts médicaux. Depuis peu, la structure se diversifie, fait passé des électrocardiogrammes ou propose également de l’éducation thérapeutique. « Tout ce qui permet de décharger des spécialistes qui ne peuvent plus suivre le rythme », conclut Thierry Montes. 

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