La lutte contre les stupéfiants toujours dans le viseur des forces de l’ordre

Les chiffres de la sécurité 2020 sont connus. L’année a été tellement singulière, marquée par deux confinements, qu’il faut les manier avec précaution. La priorité autour de la lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit, avec des résultats probants l’an passé.

Les chiffres de la sécurité 2020 sont connus. L’année a été tellement singulière, marquée par deux confinements, qu’il faut les manier avec précaution. La priorité autour de la lutte contre le trafic de stupéfiants se poursuit, avec des résultats probants l’an passé.

« C’est la mère de toutes les batailles. » Jean-Marie Girier, préfet du Territoire de Belfort, donne le ton à l’occasion d’une conférence de presse sur les chiffres de la sécurité 2020. La mère de toutes les batailles, c’est la lutte contre les stupéfiants. « Elle entraîne les violences, la délinquance et les trafics en tout genre », développe le représentant de l’État dans le Territoire de Belfort. Les infractions à la législation sur les stupéfiants ont augmenté de 21,6 % entre 2019 et 2020 dans le département.

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Le nombre de contrôles effectués dans le cadre du respect des règles de la crise sanitaire (confinement et couvre-feu) depuis le mars 2020. « Une bonne mesure est une règle que l’on sait contrôler », précise le préfet. Les gendarmes mobiles seront présents jusqu’en mars pour contrôler la frontière.

Dans les territoires où intervient la police nationale (Belfort et la première couronne), les infractions pour trafic de stupéfiants ont augmenté de 66,67 % entre les deux années. Des évolutions qui sont corrélés à une volonté « d’harceler » les points de deal. « Nous montrons que nous tenons le terrain », insiste le préfet. Des opérations coup de poing sont organisées régulièrement dans les deux principaux quartiers. du trafic, les Résidences à Belfort et  l’Arsot à Offemont.

Les services de police veillent également à « empêcher la réinstallation des lieux de trafic de stupéfiant », relève le commissaire-divisionnaire Thomas Kieffer, directeur départemental de la sécurité publique du Territoire de Belfort.

Du cannabis avec des taux de THC élevés

Cet engagement contre les stupéfiants s’observent aussi du côté des services des douanes. Plus de 6 tonnes d’herbe de cannabis ont été saisies en Franche-Comté en 2020, contre 1,5 tonne en 2019. Dans le département, 254 kilos ont été saisis. Près de 400 kg de résine de cannabis ont aussi été saisis en Franche-Comté, dont 36,9 kilos dans le Territoire de Belfort. 453 grammes de cocaïnes et 1 kilos d’amphétamines ont aussi été saisis par les douanes, des données bien supérieures aux années précédentes. L’A36 (avec l’A39) occupe « un poids majeur » dans ces saisies confirme le chef divisionnaire Marin de Loze, chef de la douane Franche-Comté frontière ; il est responsable de la bande frontière en Franche-Comté, du Jura au Territoire de Belfort. L’autoroute est un point de passage quasi obligé, en direction de l’Allemagne. L’autre axe clé est la R.N. 57 (Pontarlier – Besançon – Vesoul – Épinal) qui se dirige vers le Benelux.

Ce qui marque le chef divisionnaire Marin de Loze, « c’est le taux de concentration élevé de THC » dans les saisies. Ce taux était auparavant inférieur à 10 %. Aujourd’hui, ce taux atteint « 20, 30, voire 35 % », alerte le douanier. Ce qui l’inquiète, c’est que si on croise du « cannabis soft », le gros du marché est alimenté par ces produits avec des taux très élevés. « C’est que cela répond à une demande », analyse-t-il.

Bientôt une collaboration Montbéliard-Belfort ?

Encore une incongruité du territoire. Quand le quartier de la Petite-Hollande est sujet à des violences urbaines, les renforts viennent de Besançon ! Et pourquoi pas de Belfort ? « Le ministre [de l’Intérieur] veut que la coopération se fasse à l’échelle de l’aire urbaine », informe Jean-Marie Girier, préfet du Territoire de Belfort. « Il faut un peu de pragmatique dans tout ça », poursuit-il. Un contrat de sécurité urbaine doit être préparé et signé dans les mois qui viennent pour organiser cette collaboration entre les deux territoires.

Moins de cambriolages

En 2021, cette priorité autour de la lutte contre le trafic des stupéfiants se poursuit. Alors que 2020 a connu la mise en place de l’amende forfaitaire (notre article), qui permet de « taper au portefeuille », dixit le préfet, de nouveaux outils sont déployés en 2021. Une cellule de renseignement opérationnel sera mise en place pour « renforcer la méthodologie de travail », relève le préfet et pour que les différents services se connaissent mieux et travaillent ensemble. Un comité local de lutte contre les trafics sera aussi installé, associant les bailleurs sociaux, les animateurs des maisons de quartier, les élus…

Le contexte particulier de l’année 2020 permet d’observer une baisse des cambriolages (-32,3 %), des vols avec violence (-33,3 %) et sans violence (-34,9 %). « On observe moins d’épisodes sériels », note le lieutenant-colonel Jean-Marie Loisier, commandant en second du groupement de gendarmerie du Territoire de Belfort. La présence à domicile des résidents a limité les possibilités de s’introduire dans les logements. Et la tendance est la même dans les entreprises, car il y avait peu de matières premières à voler ou de caisse à subtiliser, du fait du ralentissement de l’activité économique.

Une voiture banalisée chasse l’insécurité routière

Les périodes de confinement et la mise en place du télétravail a fortement bousculé les habitudes de déplacement. Les chiffres de l’insécurité routière s’en ressentent. On observe une baisse de 9 % des infractions liées à l’utilisation du téléphone au volant entre 2019 et 2020 et – 20 % pour les infractions liées à des infractions de conduite sous l’empire de l’alcool. Par contre, on observe une très forte hausse des suspensions de permis de conduire pour la vitesse, qui sont passés de 55 à 145 (+ 163 %). En 2021, une expérimentation est lancée avec la mise en place de radars urbains – appelés équipements de terrain urbain – qui ne flashent pas. De même, on ne sait pas quand ils sont actifs ou non. La préfecture rappelle que tenir le téléphone à la main est puni d’une amende de 135 euros et de la perte de 3 points. Mais, depuis le 22 mai 2020, un retrait de permis est possible si cette infraction est constatée simultanément à une autre. La suspension peut aller jusqu’à 6 mois (notre article). Une voiture banalisée, pilotée par une entreprise privée conventionnée avec la gendarmerie nationale, va aussi sillonner les routes du département pour traquer les comportements délictuels dès cette année.

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