Héricourt : un centre de recyclage de véhicules hors d’usage sort de terre

La société de recyclage automobile SC 70 25 porte à Héricourt un projet de centre de recyclage de véhicules hors d’usage, dans la zone d’activité des Guinottes 2, sur le bord de la 4-voies qui mène à Vesoul (Haute-Saône). L’activité doit débuter fin mars 2023.

La société de recyclage automobile SC 70-25 porte à Héricourt un projet de centre de recyclage de véhicules hors d’usage, dans la zone d’activité des Guinottes 2, sur le bord de la 4-voies qui mène à Vesoul (Haute-Saône). L’activité doit débuter fin mars 2023.

« Je veux casser l’image de la casse ! » sourit Vincent Rebichon, chef de projet du centre de recyclage de véhicules hors d’usage en cours de construction à Héricourt, pendant une visite de chantier. Fini ces parcs d’épaves qui s’étalent sur plusieurs hectares. Ou ces sites gardés par des Dobermans et cerclés de hauts grillages sur lesquels trônent des barbelés. Le métier évolue. L’image doit suivre.

Stock Casse 70 (SC 70), installé à Brevilliers le long de la route qui mène du Territoire de Belfort à Héricourt, vit une étape importante. La société a été créée en 1985 par Thierry Marie ; au départ, elle était installée dans le centre d’Héricourt, non loin de l’actuel restaurant La Filature, qui appartient aussi à la famille. L’entreprise s’est aussi étendue en ouvrant une antenne à Besançon. Et aujourd’hui, elle construit un centre de recyclage de voitures hors d’usage, un projet estimé entre 6 et 6,5 millions d’euros. « C’est une étape nécessaire pour continuer », confirme Thierry Marie, compte tenu de l’évolution du métier. « C’est essentiel, valide Vincent Rebichon, car nous ne pouvons pas nous étendre à Brevilliers et il faut prendre ce virage écologique. » Aujourd’hui, on ne veut plus que les carcasses patientent sur un terrain. Il faut les traiter en flux tendu explique le fondateur de l’entreprise. Il faut donc un outil, optimisé, pour répondre à cette nécessité. « Nous voulons faire ici un site vitrine », insiste Thierry Marie. À terme, le site devrait embaucher une trentaine de personnes ; à Brevilliers, l’entreprise emploie déjà une quarantaine de salariés. Fernand Burkhalter, président de la communauté de communes du Pays d’Héricourt, apprécie l’arrivée de cette activité « protectrice de la planète ».

Panneaux photovoltaïques, récupération de l’eau pluie

Ce centre de recyclage est installé sur un terrain de 30 000 hectares, dans la zone d’activités des Guinottes 2, le long de la 4-voies. Les travaux ont débuté fin février. La charpente bois d’un bâtiment de 3 800 m2 est déjà visible. « Nous ferons un démontage complet de véhicules hors d’usage », détaille Vincent Rubichon. Le but, atteindre une revalorisation de 97, voire 98 % de la carcasse. « La loi oblige à 95 % », replace le chef de projet. On récupère la matière plastique, métallique, le verre, les pièces encore exploitables, qui seront ensuite revendues. « Avec le démantèlement, on valorise mieux la matière », explique le spécialiste. Un convoyeur sera installé dans l’usine pour déplacer les grosses pièces. Le démantèlement ne peut par contre pas se faire à la chaîne, comme le montage. « Ce ne sont pas les mêmes véhicules et ils n’ont pas tous eu les mêmes accidents », explique Vincent Rebichon. Le démantèlement est donc fait entièrement à la main, passant d’opérateurs de la dépollution, à ceux spécialisés dans le démontage de la carrosserie puis à ceux spécialisés du bloc moteur. Le centre devrait traiter 4 000 véhicules par an.

Le bâtiment sera doté de 710 panneaux solaires, répartis sur 1 200 m2, assurant la production des besoins énergétiques de l’usine. Deux cuves, représentant 120 m3 d’eau, ont été installés dessous, afin de récupérer l’eau de pluie, qui sera utilisée pour laver les pièces, grâce à un circuit fermé.

Sur ce site, il n’y aura pas de magasins, comme à Brevilliers. On pourra récupérer des pièces en drive, à la suite d’une commande sur Internet. Les pièces seront également revendus à des garages. Justement, le conseil régional Bourgogne-Franche-Comté soutient ce projet à hauteur de 800 000 euros, dans l’optique de l’intégrer à un projet de refabrique automobile (lire notre article). Des discussions existent justement avec les ateliers de refabrique de Nedey, à Étupes. « SC 70-25 sont les précurseurs d’une nouvelle filière en région », apprécie Éric Oternaud, conseiller régional Europe Écologie Les Verts, en charge notamment de la conversion écologique de l’économie, joint par téléphone. Car ce futur centre de recyclage est la partie amont, essentielle, de cette filière d’économie circulaire. « Une voiture refabriquée avec des pièces existantes, c’est 12 tonnes de CO2 en moins et moins de prédation sur les ressources naturelles », insiste le conseiller régional, pour replacer ce sujet ; il plaide pour la mise en place d’une telle filière dans la région. Le projet a également été soutenu par le conseil départemental de Haute-Saône. L’activité doit débuter fin mars 2023.e

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