General Electric : « Préserver le paysage industriel du nord Franche-Comté »

Une délégation d’élus a été reçue ce mercredi matin à l’Élysée pour évoquer le dossier General Electric. Et surtout l’avenir industriel de la cité du Lion et du nord Franche-Comté.

Après la mobilisation de plusieurs centaines de salariés de General Electric ce mardi à Belfort, une délégation d’élus a été reçue ce mercredi matin à l’Élysée pour évoquer ce dossier. Et surtout aborder l’avenir industriel de la cité du Lion et du nord Franche-Comté. Un avenir dont le développement repose sur la construction d’un levier pour soutenir les projets de développement industriel.

Depuis plusieurs mois, les élus locaux attendent d’être reçu à l’Élysée pour évoquer le dossier General Electric. C’est chose faite depuis ce matin. Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort, Ian Boucard, député, et Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort, ont été reçus par la secrétaire générale adjointe de l’Élysée, Anne de Bayser. « Il y avait aussi des conseillers du Premier ministre et le nouveau conseiller du président de la République, Jérôme Peyrat, un ancien conseiller de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy que je connais bien », détaille Damien Meslot, joint par téléphone à la suite de l’entrevue.

La délégation a été reçue pendant une heure poursuit le premier magistrat de Belfort. « C’était une réunion de travail », confirme la présidente de la Région, Marie-Guite Dufay. Un travail de projection, avec un objectif : « Que les compétences [présentes à Belfort] ne s’évanouissent pas. » Cette réunion « vise [aussi] à minimiser le plan social et à évoquer la diversification », complète l’ancien député Damien Meslot. Un plan social dont les contours sont toujours inconnus. « On ne parle que de la valeur industrielle du Territoire de Belfort », poursuit la présidente. La question : comment les maintenir avec ces annonces en suspens.

Un outil privé pour valoriser la pénalité

L’un des engagements de General Electric lors du rachat d’Alstom en 2015 était la création de 1 000 emplois nets avant le 31 décembre 2018. Promesse non tenue. General Electric a donc payé une pénalité de 50 millions d’euros. Aujourd’hui, l’objectif est de diriger la plus grande partie de cette enveloppe vers Belfort. Et les questions sont : vers quoi et comment ? Marie-Guite Dufay a rencontré ce mercredi après-midi Guy Maugis, qui préside le comité de pilotage chargé du dispositif de soutien aux projets de développement industriel. Une nouvelle réunion technique pour étudier les pistes réglementaires et évoquer la structure qui portera ces 50 millions. Une structure qui ne sera pas une collectivité, car les règles de marchés publics y sont trop contraignantes confirme la Région. « Il faut que ce levier soit un outil privé », détaille la présidente de Région. Dans cette logique, les collectivités locales et la Banque des Territoires (Caisse des dépôts et consignations) abonderont aux 50 millions de ce futur outil. Pour lui donner une plus importante force de frappe. Schématiquement, un million de l’enveloppe doit générer plusieurs millions d’investissements.

Maintenir la valeur industrielle de Belfort

« Quelles que soient les annonces, que nous ne maîtrisons pas, il faut préserver le paysage industriel du nord Franche-Comté, relève Marie-Guite Dufay. Nous posons des jalons auprès de l’État pour qu’il se mobilise à nos côtés pour faire venir des investisseurs. » La présidente compte clairement sur le poids de l’État et sur sa capacité à faire pression sur les grands groupes, dans lequel il est au capital, pour peser sur leurs décisions d’investir à Belfort. Elle évoque notamment le secteur de l’aéronautique. 

Ni Damien Meslot, ni Marie-Guite Dufay ne sont plus entrés dans les détails. À Paris, on demande de limiter la communication. « On sent que le président de la République est attentif », a tout de même relevé Damien Meslot. Aujourd’hui, tout le monde est suspendu aux annonces de General Electric. Imminentes.

Bruno Le Maire : « [Avoir] des solutions pour chaque salarié »

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, était l’invité de la matinale de France Info, ce mercredi matin. Il a confirmé au micro qu’il avait « demandé à General Electric de ne fermer aucun site en France et de se réinventer industriellement ». Puis d’ajouter : « General Electric, c’est plus de 10 000 emplois en France, c’est une empreinte industrielle considérable, il faut qu’elle réussisse sa transition énergétique, qu’elle maintienne ses emplois en France et surtout qu’elle se développe sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, elle a une empreinte très forte sur les turbines à gaz, il n’y a pas de débouchés. Il faut qu’elle puisse se réinventer. C’est ce sur quoi nous travaillons. » Un travail qu’il dit mener avec les élus locaux, les industriels et les syndicats. « J’ai reçu Damien Meslot (maire de Belfort, NDLR), bien entendu. J’ai reçu tous les élus locaux. Je leur ai indiqué [qu’il n’y aurait] pas de fermeture de site, [qu’il y aurait] un travail en commun pour redonner des perspectives industrielles à Belfort et à d’autres sites » Le ministre n’a pas confirmé, à la suite de la question de notre confrère, la suppression d’un millier d’emplois à Belfort. Puis de répondre : « Ce qui compte pour moi, c’est qu’il n’y ait pas de fermetures de site, que nous ayons des solutions pour chaque salarié et surtout qu’on réinvente l’empreinte industrielle de General Electric en France sur la base des énergies renouvelables, notamment l’éolien offshore, puisque General Electric envisage de développer fortement l’éolien offshore, en France. »

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