General Electric demande à ses fournisseurs de baisser leurs prix de 20%

General Electric demande à ses sous-traitants de baisser leurs prix de 20% pour faire face à la crise consécutive au covid-19.

Le géant américain General Electric demande à ses fournisseurs de baisser leurs prix de 20 % pour faire face aux défis posés par la pandémie du covid-19. La demande provoque un tollé. Louis Deroin, président de la CPME 90, qui a eu vent de cette demande, monte au créneau.

Avec l’AFP

Le géant américain General Electric demande à ses fournisseurs de baisser leurs prix de 20 % pour faire face aux défis posés par la pandémie du covid-19. La demande provoque un tollé dans le nord Franche-Comté. Louis Deroin, président de la CPME 90, qui a eu vent de cette demande, monte au créneau.

La lettre en anglais, que Le Trois a pu consulter, est signée de Rajesh Thakkar, le vice-président Sourcing, c’est-à-dire le responsable des achats, du business gaz de General Electric. Une personnalité haut placée dans l’organigramme. La lettre, expédiée d’Atlanta aux États-Unis et datée du 20 avril, est adressée aux fournisseurs du géant américain. Compte tenu de ces éléments, cette lettre arrose l’ensemble des fournisseurs de l’industriel.

Base de renégociation

La lettre indique que les clients de GE subissent une pression sur leurs financements et leurs coûts. Ils demandent donc à General Electric « des réductions de coûts significatives ». La lettre précise que General Electric essaie de « minimiser » l’impact des demandes de ses clients en mettant en oeuvre différentes actions, mais il remarque qu’il ne peut pas le supporter « seul ».  Il a besoin du « soutien » de ses fournisseurs pour « rester compétitif dans cette période difficile ».

L’industriel demande donc aux fournisseurs de baisser leur prix à l’égard de General Electric, d’au moins 20 %. « Ce qui est surprenant, constate une source syndicale, c’est que cela concerne les commandes à venir et les commandes en cours. » Les fournisseurs doivent confirmer leur position avant le 1er mai afin d’avoir d’autres commandes. « C’est un scandale », s’insurge Louis Deroin, président de la CPME 90, qui a eu écho de cette demande de l’industriel par l’un des adhérents du syndicat patronal. Il en a référé directement au préfet du Territoire de Belfort, David Philot. « Demander à nos entreprises de baisser leur prix de 20 % pour cause de covid-19 relève d’une attitude économiquement meurtrière pour nos PME », dénonce Louis Deroin. « Ce n’est pas très élégant », adhère notre source syndicale. Elle confirme que GE peut demander régulièrement des efforts aux fournisseurs, mais elle trouve le timing peu opportun. « Les Américains en profitent pour mettre la pression sur les prix », enchaîne Louis Deroin, très en colère. « [Cette démarche] permet de démarrer le deal très haut et permet aux acheteurs de renégocier », observe, pour sa part, le syndicaliste.

L’industriel réclame également que les fournisseurs respectent dorénavant tous, les mêmes conditions d’achat, liées à chaque pays. Aucune adaptation liée aux négociations n’est envisageable. « General Electric demande de passer sous les Fourches Caudines », schématise notre source syndicale.

Sortir du panel des fournisseurs

Le géant américain n’oublie pas d’associer les fournisseurs, en utilisant le « nous » et en précisant que ces actions sont « cruciales » pour « traverser » cette période difficile. Mais « on accompagne ce message d’une menace claire, sortir du panel en cas de non-acceptation de cette injonction », regrette encore Louis Deroin. Et General Electric, d’écrire dans une formule sibylline : « Nous voulons maintenir des relations solides avec les entreprises qui travaillent avec nous pour relever ces défis. » Et les autres ? « Là où c’est grave, analyse cette source syndicale sollicitée pour comprendre ce document, c’est qu’une entreprise dépend aussi de ses fournisseurs. À trop jouer, on peut aussi perdre notre sécurité d’approvisionnement. »

Louis Deroin craint finalement « une externalisation » des activités belfortaines « sous prétexte » du contexte sanitaire. Ce qui serait un nouveau coup dur. Depuis un an, Belfort subit un plan social. La crise sanitaire a aussi ajouté son lot de tensions.

Sollicité par l’AFP, le groupe a indiqué qu’il ne commentait pas ses relations avec ses fournisseurs.

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