En route sur les chemins de traverse de Dom Ferrer

Le jeune artiste de 57 ans Dom Ferrer sort son 3e album Your rules are not mine. Un projet soutenu par La Poudrière de Belfort. Dom Ferrer, qui a longtemps posé ses valises à Lepuix  a aujourd’hui comme camp de base une maison dans l’Orne. Mais c’est toujours le point de départ d’une nouvelle aventure pour cet épris de liberté.

Le jeune artiste de 57 ans Dom Ferrer sort son 3e album Your rules are not mine. Un projet soutenu par La Poudrière de Belfort. Dom Ferrer, qui a longtemps posé ses valises à Lepuix a aujourd’hui comme camp de base une maison dans l’Orne. Mais c’est toujours le point de départ d’une nouvelle aventure pour cet épris de liberté, rockeur et bluesman.

C’est parti pour un beau voyage. Une longue route qui fend un territoire vierge. Le coude posé sur la porte d’une voiture américaine, fenêtre ouverte, on trace notre chemin en écoutant le troisième et dernier album de Dom Ferrer, un jeune artiste à la barbe fournie et grisonnante. Il a 57 ans ; une incongruité dans le milieu. Seasick Steve, grande voix du blues et du folk, a aussi sorti son premier album solo tardivement, à 59 ans. C’était en 2006. Comme quoi !

Dom Ferrer a d’abord vécu sa vie. Ses vies. Et après, il est devenu musicien. Pas con. « J’ai des choses à dire », confie-t-il. En témoigne ce titre, Forgot the reason. Une chanson qui invite à dépasser les colères et les ruptures avec les amis. À dépasser les raisons de ces éloignements. Un message qu’il glisse alors que lui a déjà vu des potes partir trop tôt. « La culture du jeunisme me gonfle », glisse également le quinquagénaire. Il aime s’affranchir des codes généraux. Une anecdote à ce sujet. Alors qu’il habitait encore le Territoire de Belfort, à Lepuix, il s’est lancé un défi : rejoindre Belfort sans croiser de feux tricolores. « Je ne voulais pas un truc imposé », se souvient-il. C’est dire combien la liberté est un truc qui lui est cher.

Cet album raconte pas mal de choses sur sa personne. Et évoque un moment fort de sa vie : sa rencontre avec David Bowie. Il reprend ainsi Rebel, Rebel. La pochette de cet album du rockeur anglais, il l’a découverte à 11 ans. « J’ai eu peur », se souvient Dom Ferrer. Mais elle a suscité suffisamment de curiosité pour l’acheter. « Cet album, c’est une folie. Et je ne comprends pas pourquoi on n’en parle pas plus », estime celui qui se définit comme un « artisan de la musique ». Ce qu’il aime particulièrement, c’est que c’est un album qui se permet plein de trucs. Et il aurait aimé écrire cette chanson qui parle de drogue, de bisexualité, de rock et d’émancipation.

Hors du temps

Aujourd’hui, Dom Ferrer a posé ses valises sur une colline de l’Orne. Il voit loin. Ce campagnard, un brin hirsute, aime le rural. La tranquillité. « Je ne suis pas adapté à la ville », sourit-il. Les grands espaces, c’est son truc. Dans une de ses nombreuses vies, il a été moniteur de ski dans le Colorado. La saison terminée, il filait à bord d’une vieille Chevrolet pour découvrir l’Amérique profonde et dormait dans l’auto. Il aime l’autonomie, l’authenticité, le côté rustique. Quand il parle de l’Alaska, État américain auquel il compare son album, il évoque « une contrée hostile ». Et ça lui parle. En dehors des sentiers battus et de la société comme elle est. Une idée qui se retrouve bien dans le titre de ce troisième album Your rules are not mine… Vos règles ne sont pas les miennes ! Sa musique est authentique. Sensible. Quasi organique. « J’aime les musiciens, les choses vraies et les voix pas trafiquées », insiste-il. Dans le blues, « on va à l’os ». Jeune artiste, mais sa musique, elle, est pleine de maturité.

Your rules are not mine n’oublie pas de faire une référence à Tulsa, en Oklahoma, la ville de JJ Cale, Woody Guthrie ou Leon Russel. Une ville que Dom Ferrer a exploré il y a 6-7 ans – en « pèlerinage » – où il s’est intégré à la communauté musicale et où il a enregistré son deuxième album. Il fait une reprise de John Moreland, un gars de Tulsa, Ain’T We Gold. Aujourd’hui, il a ses habitudes là-bas. Hors crise sanitaire, il y va une à deux fois par an. Son Dodge l’attend dans un garage. Tous les riffs de ce nouvel album sont également nés là-bas assure Dom Ferrer.

Cet album devait sortir il y a un an, mais la crise sanitaire a bousculé un peu les plans. Là, il était temps de le faire connaître. Il le définit un brin « moins contemplatif » que le précédent. C’est du rock’n’roll. Sa musique a un côté sépia et pourtant elle ne parait pas du tout démodée. Ça a un côté hors du temps. Une position qu’il assume. Et cultive aussi. « On en fait une musique du passé », remarque Dom Ferrer. Pourtant, elle ne l’est pas. « Je suis persuadé que ça parle à beaucoup de gens, confie-t-il, avant de trancher dans le vif : Au nom du modernisme, on squeeze plein de trucs. » Dommage. De la France à l’Amérique, des années 1960 à aujourd’hui, Dom Ferrer nous a baladés. « Si cela amène au voyage, c’est réussi », confie Dom Ferrer. Et ça l’est. Bonne route.

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