Aire urbaine : le casse-tête des déserts médicaux

Médecins généralistes et spécialistes désertent le nord Franche-Comté et une concurrence s’installe entre communes : celui qui offrira le plus d’avantages aura droit à son médecin ! Pourtant, quelques initiatives existent dans l’Aire urbaine.

« Nous avons 273 médecins généralistes dont 60 % ont 55 ans et plus et sur ces 273, 81 médecins peuvent cesser leur activité dans les cinq prochaines années », déclarait il y a quelques mois Véronique Tisserand, responsable du nord Franche-Comté à l’agence régionale de santé. La pénurie de médecins généralistes – notamment en milieu rural et en quartiers prioritaires –, les délais d’attente pour un rendez-vous, les critiques à répétition envers des hôpitaux débordés par l’absence de ces généralistes et spécialistes… le cercle vicieux est en marche !

« Nous devons trouver nos médecins, déplore Pierre Rey, président de l’association des maires du Territoire de Belfort. Est-ce qu’on nous demande de trouver et de recruter nos instituteurs ? Non. Donc pourquoi devons-nous nous battre pour obtenir des généralistes dans nos campagnes ? » Une idée qu’Emmanuel Macron a rejetée lors de son discours. Conscient de ce débat éternel, le président de la République a rappelé : « Les jeunes médecins arrêtent compte tenu des contraintes de la fonction. Des obligations supplémentaires n’arrangeront rien ! »

Un roulement à Pontarlier

Locaux équipés, clientèle assurée, prime d’arrivée… « Bientôt, il faudra exonérer le loyer. Les communes font des efforts démesurés », explique Pierre Rey. Ce sont de réelles difficultés pour les communes rurales qui n’ont, en plus, pas les moyens de « s’offrir » leur médecin. Le président des maires du département appelle donc à des créations au niveau des communautés de communes. « Ce qui s’est fait aux Errues, avec la création d’une maison de santé avec plusieurs spécialistes en milieu rural c’est cet exemple qu’il faut suivre. En plus, les jeunes médecins sont preneurs de ce type de projet. » Mais l’important dans ces projets intercommunaux, c’est leur position. « Si c’est pour les mettre dans les bourgs centre, ce n’est pas la peine », prévient-il, faisant au passage écho, sans le mentionner, au projet de maison médicale programmée au Techn’hom de Belfort, qui avait créé la polémique il y a quelques mois.

Face à cette situation, du côté des maires, on s’organise, on bricole. Dans le Doubs, le maire de Pontarlier a mis en place un cabinet éphémère. Les médecins ne sont en milieu rural que certains jours de la semaine. Un roulement s’effectue, ce qui permet un accès aux soins pour les personnes qui n’ont pas la possibilité de se déplacer. La maire d’Hérimoncourt, Marie-France Bottarlini, a de son côté fait appel à une association alsacienne qui met à contribution des médecins à la retraite, dans l’attente d’un système de téléconsultation. Une chose est certaine, les élus locaux sont en attente des décisions prochaines du gouvernement.

Quelles annonces formulées par Emmanuel Macron ?

Parmi les décisions qui pourraient avoir un effet dans le nord Franche-Comté, Emmanuel Macron a annoncé la fin du numerus clausus et du PACES (la première année commune aux études de santé) pour 2020. Terminés les heures de bachotage et le concours de la première année de médecine qui « coûtent une, deux voire trois années à certains de nos meilleurs lycéens », a expliqué le président de la République. Le gouvernement souhaite aussi favoriser les passerelles depuis d’autres études scientifiques, « sans renoncer à l’excellence ». Le nord Franche-Comté pourrait aussi profiter des assistants médicaux. Annoncés au nombre de 4 000, « nous en financerons autant qu’il en faudra », a assuré le président. Ces assistants, déjà présents dans d’autres pays d’Europe, s’occupent notamment du suivi, de la paperasse, mais également des premières questions et observations : tension, taille, poids, discussion… tout est bon pour que le médecin gagne du temps ! Ils seront principalement mis en place dans les quartiers prioritaires et les zones de déserts médicaux.

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