Belfort: des idées pour renouveler l’islam en France

La préfète du Territoire de Belfort a, à l’invitation du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, organisé les assises territoriales de l’islam le jeudi 13 septembre. De l’intégration aux financements du culte, en passant par la formation des imams de nombreux sujets ont été abordés.

Ce samedi 15 septembre, le ministre de l’Intérieur devait recevoiir sur son bureau le rapport des assises territoriales de l’islam organisées à la préfecture du Territoire de Belfort et dans tous les départements de France. Un premier pas avant, peut-être, des décisions au sommet de l’État pour organiser le culte musulman. L’intégration des pratiquants de cette religion n’est pas une réussite malgré une histoire commune. Aujourd’hui, la menace d’une minorité extrémiste rend le problème encore plus complexe.
Autour de la table, les associations de musulmans du département, quelques délégations et des membres de la société civile. Et une question : comment organiser le culte musulman et sa représentation auprès de l’État ? « Nous devons trouver un ou une personne qui pourrait s’exprimer au nom de tous les musulmans. On nous impose des représentants qui ne nous représentent pas… Certains ne parlent même pas français; comment voulez-vous être crédible ? », explique Ali Sahab, président de l’association des musulmans du Territoire de Belfort. Un besoin urgent, « cela fait un moment qu’on tape sur l’islam, et nous arrivons à un point où une certaine culpabilité s’installe », constate-t-il.

Financement et formation des imams

Parmi les sujets abordés outre cette représentation, les associations ont insisté sur le besoin de financement. Si l’État n’a ni l’intention ni la possibilité de financer un culte quel qu’il soit, l’islam ne survit aujourd’hui dans le département que sous la forme d’association et donc de ressources associatives, comme les kermesses, les dons de particuliers et d’adhésions. Une solution évoquée serait qu’une partie des ventes des produits halal, qui représente selon une étude réalisée par le cabinet Solis en 2016 5,5 milliards d’euros (un chiffre cependant très difficile à quantifier), soit utilisée pour financer le culte.
Autre sujet traité: la formation des imams. Ces guides se trouvent en première ligne pour l’apprentissage fait aux enfants, et leur formation est devenue un problème d’envergure. Doivent-ils être formés à l’étranger ou sur le territoire français ? La formation doit-elle être financée par l’État ou des pays étrangers ? L’État doit-il s’immiscer dans cet apprentissage ? Si des réponses ont été émises, l’assemblée n’a pas souhaité les exprimer avant le rapport national.

Politisation et stigmatisation

Les participants ont également regretté la stigmatisation de leur religion notamment dans la presse et par les politiques qu’ils soient locaux ou nationaux. « Tout cela à cause de quelques personnes qui ne sont pas musulmanes, qui font partie d’une secte: un mot qui n’est jamais utilisé dans la presse. On parle d’État Islamique, de musulmans radicalisés, comment voulez-vous que nous ne soyons pas stigmatisés ? », questionne Ali Sahab. Si le droit français se refuse à toute définition de secte ou de religion, les critères qui caractérise une dérive sectaire peuvent totalement s’appliquer à ces organisations terroristes.

Après plus de deux heures de débat, « preuve de l’existence de nombreux questionnements et d’un besoin de dialogue », a souligné la préfète, les participants se sont quittés dans l’attente des retombées nationales.

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