Belfort : baisse de la délinquance générale dans le département

De manière générale, la délinquance se tasse dans le département. Le résultat, selon la préfecture, de la stratégie adoptée depuis l’automne 2017 autour de la police de sécurité du quotidien où l’on cherche à mieux informer et à favoriser la médiation.

6 292 faits de délinquance générale ont été constatés en 2018 dans le département du Territoire de Belfort, contre 6 386 en 2017. Soit une baisse de 1,5 % sur un an et 94 faits en moins constatés. Derrière ces données se cachent des subtilités. On observe une baisse importante en zone police (-5,07 %), alors que l’on observe une hausse proportionnellement inversée en zone gendarmerie (+ 5,95 %). Dans cette dernière zone, les violences volontaires ont grimpé de 10,4 %. Par contre, les cambriolages ont nettement diminué (- 17,57 % soit 55 cambriolage en moins par rapport à 2017), mais semble repartir à la hausse depuis le début de l’année. En zone police, les violences volontaires baissent de 2,5 %, les infractions économiques et financières chutent de 21 % et les atteintes aux biens diminuent de 11,3 %. Cette baisse notable des atteintes aux biens est une bonne nouvelle car ces faits de délinquances représentent 55,6 % (zone gendarmerie) et 48,6 % (zone police) des faits constatés.

Prévention

Sophie Élizéon, préfète du Territoire de Belfort, attribue la réussite de ces chiffres à la mise en place de la police de sécurité du quotidien. Un travail qui « vise à améliorer les conditions d’exercice des forces de l’ordre afin de mieux assurer la protection des Français et d’apporter des réponses concrètes au sentiment d’insécurité des citoyens », précise la préfecture. « Cette stratégie a porté ses fruits », souligne Sophie Élizéon. Pour réussir, les forces de l’ordre ont assuré une prévention renforcée, en informant et en formant les acteurs locaux. Des référents sureté ont été identifiés à la police et à la gendarmerie pour y répondre. Un délégué à la cohésion sociale a aussi été installé par la police le 1er janvier 2018 pour favoriser le recours à la médiation et intervenir directement auprès de la population. Son action permet de réduire les confits entre particuliers concernant les nuisances par exemple. Dans chaque brigade de gendarmerie, un référent par commune a aussi été désigné pour être l’interlocuteur privilégié du maire.

Associer les citoyens

La préfecture encourage également la participation citoyenne. Des conventions ont été signées à Botans, Denney et Châtenois-les-Forges pour impliquer la population dans les questions de sécurité et les sensibiliser. « On leur apporte des outils », confie la préfète. On va les former pour avoir un regard particulier, permettant d’alerter la gendarmerie si besoin, afin d’intervenir ou de recueillir des informations. Une boite mail dédiée à cette police de sécurité du quotidien a même été créée par la police pour la solliciter. Derrière, elle a mis en place des outils de réponse, qu’elle peut retourner à la population, notamment aux maires. Les chiffres semblent confirmer cette stratégie de présence sur le terrain. On enregistre une hausse de 38 % des faits élucidés concernant les dégradations et destructions et une augmentation de 104 % des faits élucidés concernant les dégradations sur véhicules privés.

Efficacité des services de gendarmerie et de police

La préfecture du Territoire de Belfort est particulièrement satisfaite du travail des services de gendarmerie et de la police. Les taux d’élucidation de délinquance générale des services sont de 44,13 % (- 3,73 points sur un an) en zone gendarmerie et de 50,89 % (+ 6,53 points) en zone police. Mieux, les données relatives aux infractions relevées par l’action des services. Elles soulignent l’activité judiciaire des services et mettent en avant les initiatives. Ces données ont augmenté de 31,06 % en zone gendarmerie et de 29,09 % en zone police. Il n’est pas certain que les chiffres de l’année 2019 confirment cette analyse. La mobilisation de la police et de la gendarmerie sur le mouvement des Gilets jaunes a forcément des conséquences sur l’activité judiciaire.

Dans la poursuite de cette stratégie, un travail sera fait sur le suivi des plaintes et sur le développement de l’accueil sur rendez-vous pour mieux accompagner les victimes. Des victimes qui bénéficient dorénavant de deux intervenants sociaux à l’échelle du département. Ils sont notamment sollicités dans les situation de violences intrafamiliales et conjugales. Des violences qui ont augmenté en 2018 – « un effet du mouvement #MeToo », suggère la préfète – mais qui baisse depuis le début de l’année.

Des chiffres encourageants pour la sécurité routière

En 2018, 4 personnes ont perdu la vie sur les routes du département, contre 8 en 2017. Dans la même dynamique, on a enregistré une baisse de près de 11 % (57 contre 64) du nombre d’accidents corporels, entraînant une baisse du nombre de blessés (70 contre 88) et du nombre de personnes hospitalisés à 24 heures (38 contre 52, soit une baisse de 26,92 %). Selon la préfecture, ces données sont autant la conséquence de la baisse de la vitesse sur les routes départementales que le résultat de la présence des forces de l’ordre sur la route. En termes de verbalisation, on enregistre une hausse de 20,94 % des infractions liées à la priorité (stop, feux rouge, ligne continue…) et une augmentation de 11,38 % de l’utilisation du téléphone au volant. Alors que l’on constate une hausse de 21,39 % de conduite sous l’emprise de stupéfiant (295 contrôles positifs en 2018 contre 243 en 2017), on assiste à une baisse de 10,07 % de contrôles d’alcoolémie positifs (473 contre 526). Ce croisement de la courbe entre l’alcool et les stupéfiants semblent transcrire d’autres comportements festifs, même si une partie de la hausse des infractions liées à la consommation des stupéfiants est sûrement consécutive à l’augmentation des contrôles et à l’amélioration des équipements. On enregistre enfin en 2018 une baisse de 25,3 % des infractions pour vitesse excessive (71 209 flashs en 2018 contre 89 255 en 2017). Une donnée à remettre en perspective avec la dégradation des radars. Aujourd’hui, la moitié des équipements est opérationnelle dans le département.