Un air de jazz flotte dans le nord Franche-Comté

Le festival de jazz Be bop or be dead revient pour une cinquième édition ce week-end. Il illustre la vitalité de cette esthétique dans le nord Franche-Comté, qui reste pourtant parfois confidentielle. Voire isolée.

Le festival de jazz Be bop or be dead revient pour une cinquième édition ce week-end. Il illustre la vitalité de cette esthétique dans le nord Franche-Comté, qui reste pourtant parfois confidentielle. Voire isolée. La plateforme Jazz dans l’Aire a été lancée il y a quelques mois, sous l’impulsion de La Poudrière et du Moloco, pour justement structurer cette offre musicale.

Vous avez envie d’assister à un concert de jazz ? Vous souhaitez échanger avec des gens qui partagent la même curiosité que vous sur cette musique ? Depuis quelques mois, répondre à ces questions est possible dans le nord Franche-Comté, grâce à la page Facebook Jazz dans l’aire. Mais ce n’est pas qu’un agenda. On s’y informe aussi sur le jazz. Dernièrement, on pouvait y lire un article sur la dynamique du jazz dans l’Allemagne de l’Est, à l’occasion des 30 ans de la chute du mur de Berlin. Instructif.

Cette plateforme est née de la volonté de la Poudrière et du Moloco, regroupée dans une société en participation (SEP). Elle lie les deux salles de musiques actuelles « pour déployer des projets collaboratifs », explique David Demange, directeur du Moloco, dépassant ainsi les logiques territoriales. De ces projets collaboratifs, on connaît par exemple le festival Impetus, qui promeut les musiques et cultures divergentes. On connait aussi ses co-productions, comme le concert de Roberto Fonseca vendredi soir en partenariat avec le Granit, ou celui de la trompettiste Jaimie Branch, l’an dernier, à La Poudrière. Les deux dans le cadre du festival Be bop or be dead.

28 structures identifiées

Cette société, lancée en 2013, mène des projets sur 3 ans. Et celui validé en 2019 porte sur le jazz. Il y a un an, la SEP a lancé un audit pour connaître les acteurs du jazz, que ce soit des lieux de diffusion ou des lieux de formation. 28 structures ont été identifiées. Des scènes labellisées comme la Poudrière, le Moloco, le Granit, MA scène nationale, mais aussi des festivals, comme Be bop or be dead, le festival des Tourelles, le Porrentruy-Delle Jazz festival ou encore Les 3 temps du swing à Seloncourt. Mais ce sont aussi des clubs, comme La Colonie à Onans. Ce sont aussi des lieux de formation.

Une quinzaine de structures s’est ensuite retrouvée pour échanger. Et la plateforme a été lancée, animée par François Lanneau, connu pour être le programmateur de Be bop or be dead et comme un éminent spécialiste de jazz. « Les choses se déclenchent souvent quand tu te rencontres », apprécie-t-il. « Mais il faut dépasser cette simple bonne entente pour structurer cette coopération », estime David Demange. S’il y a eu, il y a quelques années, une saison commune de jazz entre le Granit, le Moloco et la Poudrière, qui s’appelait justement Jazz dans l’Aire, on ne peut s’arrêter qu’aux scènes labellisées.

Lancement officiel en janvier

L’acte fondateur de ce réseau sera posé en janvier. Le centre régional du jazz organise, fin janvier, ses prochaines journées professionnelles du jazz à Belfort. Une reconnaissance du travail entamé. « Nous allons prévoir des concerts, des sessions jam », confie David Demange. Les acteurs du jazz du nord Franche-Comté se mobilisent déjà pour faire des propositions d’animation. On évoque déjà un bal swing à la salle des fêtes de Belfort, avec 3 jazz band. « On ne s’attendait pas à ça, mais dès les premiers mois du réseau, nous avons un projet collectif », salue David Demange. Le collectif. Une des essences du jazz.

« La toute première étape, poursuit François Lanneau, est donc de créer les outils d’une collaboration entre les acteurs du jazz, puis d’animer la communauté. » C’est ainsi qu’est née la page Facebook. « L’objectif, pour nous, ce n’est pas de positionner La Poudrière ou Le Moloco comme des chefs de file, mais bien, au titre de notre société en participation, de structurer ce réseau », complète David Demange. Des crédits ont été alloués à ces missions de coordination et d’animation de ce réseau qui se structure.

Préserver l’écosystème

Par sa mission, François Lanneau rencontre aussi ces acteurs du jazz. Ici une association. Là, un bar. Il a par exemple participé à l’assemblée générale du jazz-club La Colonie, à Onans, non loin de l’Isle-sur-le-Doubs. « J’y ai entendu des choses qui me parlaient », confie François Lanneau. Des associations qui se sentent parfois isolées et dépourvues de moyens de communication pour attirer le public. Et c’est un sentiment partagé par de nombreuses personnes ! D’où l’intérêt de se rapprocher. La page Facebook répond à ce problème, car cela permet de mettre en avant les initiatives de chacun et de diffuser les outils. « On a créé par exemple une table ronde virtuelle pour échanger », détaille François Lanneau. « Et les gens s’en saisissent », apprécie David Demange. Les outils servent à se coordonner pour éviter de programmer en même temps, à échanger des contacts ou à profiter de la tournée de l’un pour enrichir la programmation de l’autre. « Il y a des initiatives, mais les outils servent à préserver l’écosystème du jazz », insiste François Lanneau.

« Le jazz est une musique très dynamique en ce moment, conclut David Demange. On a envie de décloisonner, de montrer sa vitalité. » Ça commence ce week-end avec la riche programmation du festival Be bop or be dead. Un témoin du souffle qui enivre l’univers du jazz !

  • Vendredi 8, samedi 9 et dimanche 10 novembre. Festival Be bop or be dead #5. À la galerie Cheloudiakoff, au théâtre Granit, à la bibliothèque municipale Léon-Deubel, à la cathédrale Saint-Christophe et au centre des congrès Atria. Plusieurs concerts gratuits. Renseignements, programme complet et billetterie : https://bonus-track.fr/

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